Les restrictions imposées aux journalistes se sont renforcées, depuis le 7 octobre 2023 et le débordement de la guerre à Gaza sur le territoire libanais, au cours duquel les journalistes ont été pris pour cible et déplacés, tout comme avec l'intensification de l’offensive israélienne dans le pays en 2026.
Paysage médiatique
Il existe une réelle liberté de ton dans les médias libanais, mais le marché demeure contrôlé par quelques individus affiliés à des partis ou appartenant à des dynasties locales. Les chaînes les plus influentes sont LBCI, Al Jadeed et MTV, propriétés respectives des familles Daher-Saad, Khayat et Murr. Al Manar est la chaîne officielle du Hezbollah. Les médias en ligne indépendants tels que Daraj Media, Megaphone News, ou Raseef 22 sont largement consultés et jouent un rôle important dans le paysage médiatique du pays.
Contexte politique
Malgré un solide écosystème de médias en ligne indépendants, nés avant ou après les manifestations populaires de 2019, le paysage médiatique se caractérise par la mainmise des partis politiques sur les médias, qui dépendent des investisseurs, et reflète la structure politique libanaise. On retrouve dans la presse les divergences politiques et communautaires du pays, comme la tutelle confessionnelle qui pèse sur les médias.
Cadre légal
Un nouveau projet de loi sur les médias est en discussion depuis des années, mais n'a toujours pas vu le jour. La diffamation, la calomnie et la diffusion de fausses informations constituent des infractions pénales, alors que leur définition est très large. On observe une inquiétante instrumentalisation de la justice, qui condamne des médias et des journalistes à des amendes. Les journalistes sont souvent soumis à des interrogatoires abusifs par des autorités non compétentes, en violation de la loi sur la presse qui limite toute procédure judiciaire au tribunal des publications.
Contexte économique
Les médias souffrent de la crise financière historique que traverse le pays. L’explosion du port de Beyrouth en août 2020, les conflits de 2024 et de 2026 les a contraints à procéder à d'énormes coupes budgétaires, tant dans leurs activités que dans leurs effectifs. Aucun média n'est autonome financièrement, la plupart d'entre eux dépendant de financements politiques locaux ou de subventions étrangères, et les revenus publicitaires sont accordés sur la base de considérations politiques. La précarité financière de nombreux professionnels des médias les rend vulnérables à la corruption et à la pression financière.
Contexte socioculturel
L’opinion publique est majoritairement conservatrice et certains sujets restent tabous, comme les critiques de l’héritage culturel et religieux. Les journalistes et les médias qui couvrent des sujets considérés sensibles, tels que le système bancaire, le sort des réfugiés dans le pays ou les droits des minorités, sont harcelés et accusés de servir les intérêts occidentaux. Les militants politiques participent à des campagnes d’intimidation, en particulier les loyalistes du Hezbollah, qui utilisent X (anciennement Twitter) pour menacer les journalistes.
Sécurité
Plusieurs journalistes ont été ciblés et tués par des bombardements israéliens depuis 2023. De nombreux autres ont été déplacés de force tout au long de la guerre, et certains reçoivent des menaces de mort directes de la part de l'armée israélienne. Des journalistes travaillant dans le pays font parfois l'objet d’intimidations, de menaces et d'agressions physiques de la part de partisans locaux en raison de leurs reportages. Ils peuvent également être convoqués pour des interrogatoires illégaux du fait de leur travail, et l'impunité persiste dans tous les cas de journalistes tués dans le pays.