Europe - Asie centrale
Bosnie-Herzégovine
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Classement 2026
90/ 180
Score : 54,29
Indicateur politique
110
39,56
Indicateur économique
114
36,74
Indicateur légal
62
67,63
Indicateur social
93
59,79
Indicateur sécuritaire
102
67,74
Classement 2025
86/ 180
Score : 56,33
Indicateur politique
89
45,74
Indicateur économique
108
37,91
Indicateur légal
67
67,46
Indicateur social
85
61,40
Indicateur sécuritaire
105
69,16

La liberté de la presse et la qualité du journalisme souffrent d’importantes variations d’un bout à l’autre du pays. L’entité à majorité serbe du pays, Republika Srpska, a réintroduit la criminalisation de la diffamation, ce qui risque de menacer le journalisme, déjà entravé par l’influence grandissante de la propagande russe.  

Paysage médiatique

La Bosnie-Herzégovine offre un paysage médiatique très fragmenté, avec environ 40 chaînes de télévision, 150 radios, plusieurs quotidiens et agences de presse, près de 200 magazines et environ 600 sites d’information. Paradoxalement, ce nombre élevé de médias n’implique pas un réel pluralisme d’information et d’opinion. Plusieurs chaînes de télévision offrent de l’information de qualité, alors que le journalisme d’investigation est exercé surtout par des médias en ligne.

Contexte politique

Bien que le contexte politique général ne favorise pas la liberté de la presse, des différences significatives se font sentir à travers le pays, en raison des diverses structures politiques de ses entités. Les médias travaillent dans de meilleures conditions à Sarajevo, la capitale, et dans la Fédération Bosnie-Herzégovine, que dans la Republika Srpska, à majorité serbe. Les autorités de cette dernière ont pris le contrôle du groupe audiovisuel national RTRS et ont poussé le média BHRT (Republika Srpska) au bord de l’effondrement financier. RT Balkan, la branche régionale de l'organe de propagande russe RT (anciennement Russia Today), a étendu son influence en Bosnie.

Cadre légal

Bien que le cadre juridique régissant le fonctionnement des médias soit largement conforme aux normes internationales, la modernisation des politiques publiques concernant les médias est au point mort depuis quelques années. Pire encore, la Republika Srpska a réintroduit la criminalisation de la diffamation, ce qui risque de renforcer l’autocensure des journalistes. L’accès à l’information est en principe ouvert à tous les journalistes, sans discrimination, mais un projet de réforme du Code pénal prévoit l’obligation d’obtenir un consentement préalable pour la publication de toute information personnelle sous peine de prison. Des dispositions juridiques sur la protection des sources et les codes d’éthique sont en vigueur.

Contexte économique

Le contexte économique est difficile en raison de la petite taille du marché et du manque de financement durable. Les médias bosniaques souffrent aussi des divisions ethniques et de la concurrence des organes médiatiques des pays voisins appartenant à la même zone linguistique. La situation économique tendue et la dépendance aux secteurs politique et économique poussent de nombreux médias à se garder d’un journalisme critique.

Contexte socioculturel

Compte tenu de son passé marqué par la guerre, la société souffre de multiples divisions, et reste tiraillée entre ceux qui promeuvent la réconciliation et la coopération, et ceux qui sont en faveur des conflits et des divisions. Les questions d’identité ethnique et religieuse dominent celles des libertés individuelles, parmi lesquelles la liberté de la presse. Comme dans la société, la situation est plus difficile pour les femmes dans les médias.

Sécurité

Les journalistes sont souvent la cible de menaces et d’attaques verbales, parfois d’agressions physiques. En majorité, ils ne se sentent pas suffisamment protégés dans l’exercice de leur métier et ne font pas confiance à la police ou à la justice. Différentes initiatives ont été prises pour renforcer leur sécurité, notamment par le biais législatif et grâce à des enquêtes dûment menées par le bureau du procureur. 

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