Asie - Pacifique
Bangladesh
-
Classement 2026
152/ 180
Score : 33,05
Indicateur politique
134
31,09
Indicateur économique
149
31,67
Indicateur légal
151
34,38
Indicateur social
148
37,60
Indicateur sécuritaire
161
30,51
Classement 2025
149/ 180
Score : 33,71
Indicateur politique
145
29,03
Indicateur économique
134
33,79
Indicateur légal
150
36,71
Indicateur social
144
39,87
Indicateur sécuritaire
159
29,17

Plus d’un cinquième des 169 millions de Bangladais vivent en dessous du seuil de pauvreté et ont peu d’accès à la presse traditionnelle. Internet joue un rôle grandissant dans la diffusion et les échanges d’informations.  

Paysage médiatique

Les deux grands médias d’État, la Bangladesh Television (BTV) et la radio Bangladesh Betar, fonctionnent comme des organes du gouvernement, sans indépendance éditoriale, tout comme l’agence de presse nationale le Bangladesh Sangbad Sangstha (BSS). Le secteur privé compte quelque 3 000 organes de presse écrite, quotidiens ou périodiques, 30 radios – dont quelques radios communautaires – 30 chaînes de télévision et plusieurs centaines de sites d’information. Les chaînes d’information privées populaires, Jamuna TV, Somoy TV et Ekattor TV, qui soutenaient auparavant le régime de Sheikh Hasina, évitent désormais la critique envers le gouvernement intérimaire. Les deux grands quotidiens du pays, Prothom Alo, en bengali et The Daily Star, en anglais, parviennent à maintenir une certaine indépendance éditoriale.  

Contexte politique

Depuis l'indépendance du pays en 1971, les gouvernements considèrent la presse comme un outil de communication. Celui de la Première ministre Sheikh Hasina, de 2009 à 2024, n’a pas fait exception : censure, cyberharcèlement, pressions des renseignements militaires, acharnement judiciaire et arsenal de lois draconiennes, violences policières et des milices du parti au pouvoir... Le gouvernement de Sheikh Hasina a multiplié les entraves au travail des journalistes. Dans ces conditions, les rédactions évitaient soigneusement de contester le gouvernement et optaient pour l’autocensure. Le 5 août 2024, ce régime de fer est tombé après plusieurs semaines de manifestations étudiantes massives, réprimées dans le sang. Un gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, a assuré la transition jusqu’en février 2026, où les élections législatives ont porté au pouvoir le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). 

Cadre légal

Quelques mois avant les élections nationales du 7 janvier 2024, le gouvernement de Sheikh Hasina avait introduit la loi sur la cybersécurité (CSA), pâle copie de la loi sur la sécurité numérique (DSA), l'une des lois les plus draconiennes au monde pour les journalistes. Elle permet notamment : des perquisitions et des arrestations sans le moindre mandat ; la saisie du matériel électronique ; la violation du secret des sources pour des motifs arbitraires. Dans ce contexte, les directions des rédactions ont eu largement recours à l’autocensure.

Contexte économique

La plupart des grands médias privés appartiennent à une poignée de grands hommes d'affaires, qui ont émergé pendant le boom économique du Bangladesh. Ils considèrent leurs médias comme des outils d’influence et de rentabilité, au point de privilégier les bonnes relations avec le gouvernement plutôt que la sauvegarde de l’indépendance éditoriale. Un grand nombre de journaux restent dépendants de l’argent public (publicités gouvernementales) et de l'importation de papier pour imprimer.

Contexte socioculturel

Bien que laïc selon sa Constitution, le Bangladesh reconnaît l’islam comme religion d'État. Cette ambiguïté se retrouve dans la presse, où tout ce qui touche aux questions religieuses est tabou. Les médias grand public n'abordent jamais la question des minorités religieuses, qui représentent pourtant dix millions d’individus. Dans la décennie passée, des groupes se revendiquant d’un islam radical ont lancé des campagnes extrêmement violentes ayant conduit à des assassinats de journalistes. Ces mêmes groupes utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux afin de traquer les journalistes qui défendent la laïcité, le droit à des opinions alternatives ou la liberté de religion. 

Sécurité

Violences policières, attaques par des militants politiques, assassinats orchestrés par des milieux djihadistes ou des réseaux mafieux... Sous le régime de Sheikh Hasina, les journalistes bangladais ont été d’autant plus exposés aux agressions que ces crimes sont restés impunis. La DSA et la CSA ont été souvent utilisées pour maintenir certains journalistes et blogueurs en prison, dans des conditions extrêmement difficiles. Dans le contexte de purge politique qui a suivi la chute de Sheikh Hasina, plus de 130 journalistes ont été victimes de poursuites judiciaires infondées – pour des accusations de “meurtre” notamment, voire de “crimes contre l’humanité” – et cinq ont été détenus. Enfin, au sein d’une profession encore essentiellement masculine, les femmes journalistes doivent composer avec une culture du harcèlement persistante et sont l’objet de campagnes de haine en ligne lorsqu’elles tentent de défendre publiquement leurs droits.

Exactions en temps réel au Bangladesh

Baromètre
Tués depuis le 1er janvier 2026
0 journalistes
0 collaborateurs des médias
0
Détenus à ce jour
5 journalistes
0 collaborateurs des médias
5