Darse de pêche et bassin Duquesne du peintre Camille Pissarro a été vendu par Sotheby’s Londres pour 1,2 millions de livres sterling (soit environ 1,4 millions d'euros). Le problème ? Les héritiers d’un banquier dont la collection d’œuvres d’art a été spoliée par les nazis demandent à la maison de ventes aux enchères d’annuler la vente.
Les sept héritiers du banquier collectionneur d’art juif roumain Salomon Flavian requièrent l’annulation de la vente au motif que le tableau du célèbre peintre a appartenu à leur ancêtre qui a été spolié. Sotheby’s de son côté maintient toutefois qu’il n’existe « aucune preuve » tangible que le tableau fasse partie des œuvres spoliées. Si la notice du catalogue de la maison de vente du Faubourg Saint-Honoré indiquait bien que la toile avait appartenu au collectionneur et qu’il était apparu en 1947 dans le Répertoire des biens spoliés publié par le gouvernement français, le tableau ne figure sur aucun inventaire nazi.
Les nazis recensaient pourtant méticuleusement toutes les œuvres d’art qu’ils saisissaient. Après avoir forcé les coffres de Salomon Flavian à la Westminster Foreign Bank à Paris en 1941, le sténographe nazi répertorie 43 tableaux et deux sculptures. Un numéro est attribué à chaque objet volé et Darse de pêche et bassin Duquesne de Pissarro n’en fait pas partie. Selon la société torontoise Mondex Corporation spécialisée dans la restitution d’œuvres d’art spoliées durant la Shoah, cette absence ne peut s’expliquer que par le fait qu’au moment de la saisie, Flavian n’est tout simplement plus le propriétaire de l’œuvre. Un catalogue des œuvres de Pissarro établi en 1939 par Paul Rosenberg, un marchand d'art parisien, indiquait que le tableau appartenait à Edward Le Bas, un collectionneur londonien.
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Mais chose étrange, Sotheby’s indiquait tout de même que l’œuvre de Pissarro avait été « mise en vente en vertu d’un accord conclu entre le propriétaire actuel et les héritiers de Salomon Flavian ». Le consentement de la famille aurait été obtenu par Mondex au moment de la mise en vente aux enchères à Londres en 2024, deux ans après le décès de son propriétaire américain. Mais selon The Art Newspaper, sept autres descendants de Salomon Flavia dénonce cet accord qui n’aurait été signé que par deux membres des héritiers. Le reste, qui n’a pas été consulté, exige donc auprès de la justice, l’annulation du contrat et de la vente. L’identité de l’acquéreur n’a pas été révélée.
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