• Le canton de Genève limite à sept le nombre de passages frontaliers autorisés du 12 au 18 juin 2026 durant le G7 d'Evian.
  • Les travailleurs prioritaires bénéficieront d'un système de macarons pour faciliter leurs déplacements malgré les contrôles renforcés aux frontières.
  • Le gouvernement genevois recommande le télétravail et prévoit des perturbations sur les lignes TPG, notamment les liaisons transfrontalières avec la France.
  • ℹ️ Résumé proposé par l'IA et validé par nos journalistes. En savoir plus

    Genève va limiter les passages frontaliers durant le G7

    G7: Genève renforce les contrôles aux frontières et ferme certains passages
    G7: Genève renforce les contrôles aux frontières et ferme certains passages / 19h30 / 2 min. / le 13 mai 2026
    Après le Conseil fédéral, c'est au tour du canton de Genève d'annoncer un renforcement de ses contrôles aux frontières pendant le sommet du G7 d'Evian, en France. Les travailleurs prioritaires passeront plus facilement grâce à des macarons. Le Conseil d'Etat n'a en revanche rien annoncé sur la manifestation de la coalition No-G7.

    Mercredi, le gouvernement a pris la décision d'autoriser du 12 au 18 juin le franchissement de sept points de passage: Anières, Moillesulaz, Thônex-Vallard, Bardonnex, Perly, Meyrin et Ferney-Voltaire. Près d'une trentaine de postes de douanes plus petits seront fermés

    Les arrivées par les gares de Cornavin et d'Annemasse, de même que par l'aéroport de Genève, restent possibles. Des contrôles dans les trains et aux abords de ceux-ci auront lieu.

    Les passages terrestres, y compris à vélo ou à pied, et lacustres seront interdits à tout autre endroit.

    Des délais importants sont à prévoir, mais un système de macarons sera mis en place pour permettre un accès prioritaire au personnel essentiel des services et des infrastructures critiques.

    >> Les explications dans Forum :

    Genève va fermer la plupart de ses postes-frontières pendant le G7 (vidéo)
    Genève va fermer la plupart de ses postes-frontières pendant le G7 (vidéo) / Forum / 2 min. / le 13 mai 2026

    "Pas de restrictions d'accès"

    Côté transports publics, certaines lignes des TPG, notamment transfrontalières, pourraient être perturbées ou réduites. Le Conseil d'Etat répète sa recommandation de télétravail.

    Le gouvernement "agit avec volonté et détermination", a affirmé mercredi à la presse son président Thierry Apothéloz. L'état de préparation est "optimal", a-t-il ajouté.

    "Il ne s'agit pas de bloquer des gens aux frontières", a affirmé la conseillère d'Etat en charge de la sécurité Carole-Anne Kast. "Il n'y aura pas de restrictions d'accès" au territoire genevois.

    Ces mesures visent "à lutter contre des actions de sabotage, de terrorisme, de cyber-terrorisme, mais également à lutter contre des actions de perturbation en marge ou en concomitance avec une éventuelle manifestation", a complété Carole-Anne Kast auprès de la RTS.

    "Contrairement à la norme, le passage de la frontière donnera lieu à des contrôles d'identité, notamment vis-à-vis de personnes recherchées ou surveillées, qui pourraient avoir l'intention de commettre des actes délictueux. Cela va ralentir significativement le passage de la frontière, mais pas le fermer."

    >> Ecouter aussi le débat dans Forum entre Maxime Provini et Matthieu Jotterand :

    Genève limite le passage frontalier durant le G7: débat entre Maxime Provini et Matthieu Jotterand (vidéo)
    Genève limite le passage frontalier durant le G7: débat entre Maxime Provini et Matthieu Jotterand (vidéo) / Forum / 9 min. / le 13 mai 2026

    Pourparlers autour de la manifestation

    L'exécutif, en revanche, n'a pas tranché sur l'autorisation ou non de la grande manifestation anti-G7 prévue le 14 juin. Les discussions se poursuivent et une rencontre est prévue mercredi soir entre la conseillère d'État Carole-Anne Kast et le collectif "No G7".

    Le dossier reste explosif, car le souvenir des dégradations du G8 en 2003 est resté dans les esprits. Il sera débattu lors d'une session spéciale au Grand Conseil fin mai. Le Conseil d'Etat promet une décision "rapide" sur de possibles autorisations et examine un mécanisme de soutien aux entreprises en cas de déprédations. Mais une chose est sûre du côté des militantes et des militants: avec ou sans autorisation, manifestation il y aura.

    ats/hkr/mh

    Publié Modifié

    Pas de demande de forces de maintien de l'ordre françaises à Genève

    Le Canton de Genève n'a pas demandé à la France un soutien par des soldats de maintien de l'ordre sur le territoire suisse pendant le sommet. Mais il examine la possibilité d'une intervention des forces aux frontières en cas de "situation dégradée".

    "Présence française, il y aura", a toutefois expliqué mercredi à la presse la cheffe de la police genevoise Monica Bonfanti. Des patrouilles transfrontalières sont prévues et il faudra escorter les délégations officielles de Genève à Evian.

    Des forces de sécurité françaises avaient été utilisées au moment de l'Euro 2008. Cette approche avait été rendue possible par une révision de l'accord sécuritaire avec la France après les difficultés observées au moment du sommet du G8 de 2003 pour lequel un millier de policiers allemands étaient arrivés en soutien.

    L'ensemble des 1500 policiers genevois seront mobilisés. Outre Vaud et le Valais, d'autres polices cantonales viendront prêter main forte. Et le Conseil fédéral a ouvert la voie au déploiement possible de jusqu'à 5000 militaires.

    L'hôtellerie-restauration genevoise pas contente

    La Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers genevois (SCRHG) déplore l'absence de mesures de soutien concrètes du Conseil d'Etat en lien avec le sommet du G7. Elle demande un système d'indemnisation sans délai.

    Fin avril, la faîtière locale avait écrit à la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast avec une liste de revendications. Elle demandait l'interdiction de toute manifestation, de même qu'un mécanisme d'indemnisation pour tout dommage matériel ou perte d'exploitation en lien avec les mesures sécuritaires ou les troubles à l'ordre public.

    Mercredi, elle a regretté de ne pas avoir reçu de réponse. Devant la presse le même jour, le Conseil d'Etat a annoncé examiner un mécanisme en cas de déprédation. Celui-ci "ne se substituera pas aux assurances", a précisé le président du gouvernement Thierry Apothéloz.

    Et pas question de dédommager une perte de chiffre d'affaires ou les coûts des palissades de protection des entreprises. "Inacceptable", selon la SCRHG. Elle fait remarquer que la plupart des polices d'assurance privées ne couvrent pas les effets d'émeutes ou de troubles à l'ordre public.

    La faîtière salue en revanche la résolution votée fin mars par le Grand Conseil demandant un mécanisme de prévention et d'indemnisation face aux déprédations.

    RHT demandées

    Autre revendication, la fermeture de dizaines de douanes et les contrôles renforcés aux sept points de passage autorisés fait redouter une perte d'activité et des difficultés d'organisation. La SCRHG demande, pour la période du G7 qui a lui lieu du 15 au 17 juin, la possibilité de recourir à la réduction horaire de travail (RHT) pour les employés ne pouvant se rendre sur leur lieu de travail ou télétravailler.

    Le contexte économique actuel est déjà difficile, selon elle. Le Canton rétorque que l'accès sera plus ardu, mais ne sera pas restreint.