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BIBLIOGRAPHIE
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, Presses universitaires de France, Paris, 2003, 22 cm, XI-363 pages, 8 planches, index, couv. ill. -ISBN : 2-13-052940-2. Prix : 32 euros.
La numismatique d'Alexandre le Grand est l'une des plus ardues qui soit du fait du nombre d'ateliers et de la masse considérable de monnaies qui ont été frappées aux types du conquérant. L'ouvrage de G. Le Rider ne prend en compte que la période du règne d'Alexandre, entre 336 et 323, mais ces quelques années fondatrices ne sont pas vues uniquement sous l'angle monétaire : les aspects financiers sont aussi abordés à travers les témoignages littéraires. Le tout est présenté dans l'ordre de la conquête, de Macédoine jusqu'en Inde, en une véritable histoire financière et monétaire du périple d'Alexandre.
Le premier chapitre (p. 9-28) rappelle en détail ce que sont les monnayages aux types et au nom d'Alexandre et à quel moment ils sont apparus. On s'accorde aujourd'hui à dater les premiers tétradrachmes aux types d'Alexandre (tête d'Héraclès coiffée de la peau de lion / Zeus trônant un aigle dans la main droite) après la bataille d'Issos dans l'atelier de Tarse. Les premiers statères d'or (tête d'Athéna casquée / Nikè debout portant une stylis) auraient été frappés dans le même atelier après la prise de Tyr en juillet 332. Le deuxième chapitre (p. 29-63) décrit le comportement monétaire et l'état des finances d'Alexandre avant le début de la conquête. Après une présentation des frappes monétaires de Philippe II, G. Le Rider décrit l'organisation des finances de la Macédoine, en se fondant essentiellement sur M. Hatzopoulos, Macedonian Institutions, Athènes, 1996, l'étude des actes de vente d'Amphipolis et la publication du monnayage macédonien d'Alexandre par H. A. Troxell. Le tout forme une synthèse qui souligne les difficultés financières du début du règne et le peu de souci qu'a eu Alexandre d'imposer une monnaie à son nom à cette époque. La Macédoine est encore l'objet du chapitre III (p. 65-101) qui concerne la période sous gouvernement d'Antipatros, pendant la conquête (334-323). Après avoir défini les charges qui pèsent sur le gouvernement d'Antipatros - essentiellement militaires -, G. Le Rider présente un long développement sur les monnayages macédoniens aux types de Philippe II (or essentiellement) et bien sûr d'Alexandre (la « grande série macédonienne » probablement frappée à Amphipolis). La production des alexandres devient considérable entre c. 325 et 323, G. Le Rider proposant de baisser d'une année ces dates et de les mettre en relation avec les besoins accrus entraînés par la Guerre Lamiaque. Si son hypothèse s'avérait exacte, elle rendrait caduque la théorie de M. Thompson selon laquelle l'énorme augmentation de la production d'alexandres dans un grand nombre d'ateliers
méditerranéens à la fin du règne d'Alexandre serait en relation avec le renvoi des vétérans dans leur patrie. Avec le chapitre IV (p. 103-152) commence la conquête de l'Asie Mineure. Après une évaluation du coût mensuel de l'entretien de l'armée, G. Le Rider détaille les revenus du Grand Roi dans la région, estimant qu'après la reddition de Sardes, Alexandre a repris les institutions perses à son avantage. Malgré l'aisance financière que lui confèrent les trésoreries perses dont il s'est saisi, il doit demeurer prudent dans ses dépenses et cela justifierait le renvoi de la flotte grecque, temporairement inutile (p. 113-117). Ce renvoi ne constituerait donc pas une erreur stratégique, comme on l'a parfois cru, ni un signe de méfiance envers les alliés grecs, mais seulement une mesure d'économie pour éviter les frais d'entretien d'un corps d'armée dont il n'avait provisoirement plus l'usage. La politique monétaire d'Alexandre en Asie Mineure ressemble à celle du Grand Roi : il maintient les frappes locales et les premières émissions à son nom n'auraient pas eu lieu avant 325/4 si l'on tient compte de la publication déterminante d'un trésor de drachmes par C. Hersh et H. A. Troxell (p. 124-127). Les toutes premières années de production sont assez faibles et ce serait seulement à partir de 323/2 que les émissions auraient pris les proportions considérables qu'a mises en évidence M. Thompson. Dans cette hypothèse, il faudrait mettre ces frappes en rapport avec l'envoi des troupes de Cratère et Léonnatos en soutien à Antipatros dans la Guerre Lamiaque, non plus avec le retour des vétérans des armées d'Alexandre comme le supposait M. Thompson (p. 130-131). Avant 325/4, Alexandre a pu utiliser le numéraire apporté de Macédoine, les dariques et sicles frappés à Sardes et les monnayages des cités grecques d'Asie Mineure. Des philippes d'or posthumes sont frappés après 323 dans différents ateliers d'Asie Mineure, probablement pour satisfaire aux besoins dans une région qui entretient d'étroits rapports avec la Macédoine, la Thrace et la Mer Noire où ce numéraire est très recherché (p. 148-150). Le chapitre V (p. 153-214) est consacré à une région qui connaît un sort monétaire commun : elle réunit la Cilicie, la Phénicie, la Syrie et Chypre. C'est là qu'apparaissent les premiers alexandres d'argent et d'or, ceux de Sidon et Tyr étant datés et permettant de fixer les premières frappes probablement à Tarse après la bataille d'Issos pour l'argent et après la prise de Tyr pour l'or. Alexandre se serait dès lors considéré comme le « roi de l'Asie » et aurait inauguré un monnayage digne de cette fonction (p. 165-168). Contrairement à l'Asie Mineure, cette région se caractérise par des


















