A PROPOS DES ENFANTS
ET D'UN AMI DE PLUTARQUE :
ESSAI DE SOLUTION
POUR DEUX ÉNIGMES
Les lecteurs des Moralia savent que Plutarque y parle volontiers de sa famille, et cependant, comme le note l'auteur d'un récent essai qui lui est consacré, il est difficile de regrouper ces indications éparses en un ensemble cohérent (1). Au sujet de ses enfants, les deux textes essentiels se trouvent dans la Consolation à sa femme, écrite après la mort de leur fillette Timoxéna à l'âge de deux ans (2). Dans le second paragraphe de cette lettre, après avoir exhorté son épouse à ne pas laisser ce deuil détruire leur sérénité à l'un et à l'autre, Plutarque ajoute : « Et pourtant, je ne suis ' ni de chêne ni de pierre ', tu le sais bien, toi avec qui j'ai partagé l'éducation de tant d'enfants, tous élevés par nos soins dans notre maison ; je sais également quelle joie extraordinaire cela avait été pour toi d'avoir une fille que tu désirais, après la naissance de quatre garçons, et, pour moi, d'avoir l'occasion de lui donner ton nom (3). »
(1) Cf. D. A. Russell, Plutarch, Londres, 1973, p. 5 : « We hear something of his marriage and family, though it is surprisingly difficult to make a coherent story. »
(2) Cf. 610 Ε 1-2 (les citations de la Consolation se réfèrent à l'édition de J. Hani, Plutarque, Œuvres morales, VIII, Paris, Les Belles Lettres, 1980, (C.U.F.) : Την δε εν μέσω διετίαν έξαιρείν μέν ού δει της μνήμης...
(3) 608 C 4-10 : Καίτοι ούδ' αυτός « άπο δρυός ούδ' άπο πέτρης » εγενόμην " οΐσθα δέ και αύτη τοσούτων μοι τέκνων ανατροφής κοινωνήσασα, πάντων


















