LES SOURCES ARABES DE L'HISTOIRE BYZANTINE
AUX CONFINS DES Xe ET XIe SIÈCLES
(Cet article est le développement d'une communication faite au congrès des Byzantinistes de Munich en 1958.)
La deuxième partie du xe siècle et la première partie du xie sont une des époques les plus brillantes de l'empire byzantin, celle où il a remporté les plus grands succès sur ses ennemis musulmans, tout au moins en Orient, car il n'a pas connu la même réussite en Occident, mais à la fin de laquelle se remarquent aussi des symptômes de décadence. Les sources arabes, pour cette période, apportent une contribution non négligeable à l'histoire de la politique extérieure de Byzance dans ses rapports avec les Arabes. En ce qui concerne les autres peuples avec lesquels Byzance fut en rapports, les chroniques arabes sont moins bien renseignées et n'y font souvent aucune allusion. Il en est de même pour la politique intérieure de Byzance qui, mis à part les changements de règne, l'assassinat d'un empereur ou autres événements marquants, n'intéresse pas le monde arabe. Mais on doit faire une exception pour un historien arabe chrétien, Yahyâ b. Sa'îd, dont l'ouvrage apporte pour cotte époque une des contributions les plus importantes à l'histoire de Byzance, aussi bien intérieure qu'extérieure.
I. Les documents
Pour cette époque, il n'existe guère que des sources de caractère narratif. Rares sont les documents originaux qui nous ont été conservés par les historiens, par des recueils de lettres de secrétaires de chancellerie, par des manuels de rédaction à l'usage des secrétaires, ou par quelques autres ouvrages.
Je rappelle que nous possédons, dans cet ordre d'idées, une lettre de l'émir d'Egypte à l'empereur Romain Lécapène, que j'ai traduite



















