Utagawa Toyoharu
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Honkyō-ji Temple |
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À partir de vers |
| Nom dans la langue maternelle |
歌川豊春 |
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| Fratrie |
Utagawa Toyonobu (d) |
Utagawa Toyoharu (歌川豊春)[1] (1735-1814) est un artiste d'estampes japonaises ukiyo-e, fondateur de l'école Utagawa.
Il joua un rôle important dans l'évolution de l'ukiyo-e par les études qu'il fit de la perspective occidentale dans ses uki-e (images en perspective) à partir de 1750, poursuivant ainsi l'œuvre entreprise par Masanobu et Shigenaga.
Il alla jusqu'à réaliser des copies libres d'artistes italiens en particulier, tels que Guardi[Lequel ?] ou Canaletto, d'après des gravures sur cuivre de Venise, ou encore des ruines antiques de Rome, avant d'intégrer ses recherches dans des estampes japonaises traditionnelles, auxquelles il ajouta cette dimension de perspective.

Biographie
[modifier | modifier le code]Né en 1735 à Toyooka, dans la province de Tajima, Toyoharu est connu sous le nom de Tajimaya Shōjirō ; il utilise aussi les noms Masaki et Shin’emon et les ‘’gō’’ Ichiryūsai, Sen’ō et Senryūsai[2]. Il étudie d’abord à Kyoto auprès de Tsuruzawa Tangei, de l’école Kanō, puis à Edo auprès de Toriyama Sekien, dont le caractère « Toyo » entre dans son nom d’artiste[2]. Sa formation auprès de Sekien débute en 1763[3]. Il commence à dessiner des estampes vers 1768, sous l’influence de Harunobu, d’Bunchō et d’Koryusai[2]. Son nom d’école, Utagawa, vient apparemment du quartier d’Udagawa-chō, à Shiba, où il habite[2]. Selon certaines sources, il dirige en 1796 les peintres chargés de la restauration du Nikkō Tōshō-gū[2]. Il meurt en 1814 et est enterré au temple Honkyō-ji, à Ikebukuro[2].
Œuvre
[modifier | modifier le code]Premières estampes
[modifier | modifier le code]À ses débuts, Toyoharu se spécialise dans les ‘’bijin-ga’’ et les ‘’yakusha-e’’. Il produit une série de portraits élancés et gracieux de beautés au format ‘’hashira-e’’ ; on ne connaît qu’une quinzaine de ses ‘’bijin-ga’’, presque tous de sa première période. L’un des plus connus est un ensemble de quatre feuilles illustrant l’idéal chinois des quatre arts : le ‘’qin’’, le jeu de ‘’go’’, la calligraphie et la peinture. Il réalise aussi un petit nombre de ‘’yakusha-e’’ dans le style savant de Bunchō, qui se distinguent de ceux de l’école Katsukawa[4].
Les ‘’uki-e’’
[modifier | modifier le code]Toyoharu est crédité d’avoir maîtrisé la perspective à point de fuite unique, ce qui influence le ‘’fūkei-ga’’ du XIXe siècle[2]. Il n’est pas le premier à employer les conventions occidentales de la perspective linéaire, mais le premier à les utiliser largement, surtout en couleurs ; ses œuvres montrent qu’il a étudié intensivement des gravures de Hollande, d’Allemagne et d’Italie, en particulier des vues de Venise d’après Canaletto. Sa perspective garde cependant des imprécisions : dès 1770, Kōkan produit de véritables estampes en perspective linéaire[4].
Outre les sites familiers d’Edo, le théâtre ‘’kabuki’’, les quartiers de plaisir et les ‘’meisho’’ de la ville et de ses environs, ses estampes représentent des villes étrangères et des lieux exotiques qu’il n’a jamais visités, souvent sous des titres de fantaisie, ainsi que des sujets de la mythologie japonaise et chinoise[4]. Dans ‘’Senadori no zu’’, de la série ‘’Oranda uki-e’’ (« Perspectives hollandaises »), il copie librement une gravure de Giuseppe Zocchi représentant Florence[2]. Le mot ‘’Oranda’’ (Hollande) sert simplement à désigner une scène de ville occidentale, Toyoharu ne sachant sans doute pas de quelle ville ou de quelle nation il s’agit[5].
Ses premiers ‘’uki-e’’ ne peuvent être datés avec certitude, mais ils sont antérieurs à 1772 : la porte Niōmon de Ueno, détruite par le grand incendie de Meiwa au début de cette année, figure dans sa série ‘’Edo meisho hachigaseki’’. L’une des estampes de cette série, ‘’Masaki no zu’’, montre un fleuve qui s’éloigne dans la profondeur, avec près de trente bateaux, et les huit estampes sont toutes encadrées par un paravent ‘’tsuitate’’. Il réalise aussi un ‘’uki-e’’ consacré au théâtre d’Edo, l’’’ōban’’ horizontal ‘’Uki-e Sakai-chō Fukiya-chō kaomise yo shibai no zu’’, où il montre la foule qui se presse le soir du ‘’kaomise’’ dans le quartier des théâtres, vers les salles, les stands de nourriture et les maisons de thé[5].
Peinture
[modifier | modifier le code]Dans les années 1780, Toyoharu cesse en grande partie de dessiner des estampes à feuille unique pour se consacrer à la peinture[2]. Parmi ses peintures, un ensemble de trois ‘’kakemono’’ représente des courtisanes en substitut du thème classique ‘’setsugekka’’ (neige, lune, fleurs) : deux d’entre elles exercent dans des ‘’okabasho’’, quartiers de maisons closes sans licence (Fukagawa et Shinagawa), la troisième à Yoshiwara[6]. Il réalise également quelques ‘’banzuke’’ et des ‘’e-kanban’’[2].
Influence
[modifier | modifier le code]Aussi peut-on dire qu'il influença l'évolution de l'ukiyo-e et, en particulier, l'œuvre de Hiroshige : celui-ci prend de fait en compte dans ses paysages l'importance de la perspective. Hiroshige fut d'ailleurs lui-même l'élève de Toyohiro, élève de l'école Utagawa.
Toyoharu fut par ailleurs le maître de Toyokuni et de Toyohiro, tous deux entrés dans son atelier en 1782, ainsi que d’Utagawa Hirochika II[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Utagawa Toyoharu est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Utagawa, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) John Fiorillo, « Utagawa Toyoharu », sur Viewing Japanese Prints (consulté le ).
- ↑ (it) Marco Milone, Ukiyo-e, Roma, L’Erudita, (ISBN 9788867707270), p. 200-201.
- 1 2 3 (it) Marco Milone, Ukiyo-e, Roma, L’Erudita, (ISBN 9788867707270), p. 201-203.
- 1 2 (it) Marco Milone, Ukiyo-e, Roma, L’Erudita, (ISBN 9788867707270), p. 203-205.
- 1 2 (it) Marco Milone, Ukiyo-e, Roma, L’Erudita, (ISBN 9788867707270), p. 205-207.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Richard Lane, L'Estampe japonaise, Paris, Aimery Somogy, .
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- (en) « Œuvres d'Utagawa Toyoharu », sur ukiyo-e.org (consulté le ).