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Sid Meier

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Sid Meier
Sid Meier en février 2015.
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Producteur de jeux vidéo, ingénieur, créateur de jeux vidéo
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Sidney K. « Sid » Meier, né le à Sarnia, est un créateur de jeux vidéo canadien dont l'œuvre la plus célèbre est la franchise Civilization.

Son travail de programmeur et de designer lui a valu de recevoir le AIAS Hall of Fame de l'Academy of Interactive Arts and Sciences en 1999 et de recevoir en 2008 un Game Developers Choice Award pour l'ensemble de sa carrière.

Sid Meier naît à Sarnia, en Ontario, de parents d'origine néerlandaise et suisse, ce qui lui vaut la double nationalité canadienne et suisse à la naissance. Vers l'âge de trois ans, sa famille s'installe à Détroit, dans le Michigan, où il grandit[1]. À l'Université du Michigan, il étudie l'histoire et l'informatique, et obtient en 1975 un Bachelor of Arts en informatique[2],[3],[4].

Après ses études, Meier travaille au développement de systèmes de caisses enregistreuses pour des grands magasins[4]. Vers 1981, il fait l'acquisition d'un Atari 800, expérience qui lui fait entrevoir le parti que la programmation peut tirer de la création de jeux vidéo. Il trouve chez un collègue, Bill Stealey, un intérêt comparable pour le développement de jeux et lui montre ses propres réalisations. Tous deux décident de fonder une société de développement, dans le sillage de l'essor que connaissent l'industrie du logiciel et celle de la micro-informatique au début des années 1980[5].

Meier fonde MicroProse avec Stealey en 1982[6]. Après quelques jeux d'action en 2D, dont le jeu de plates-formes Floyd of the Jungle signé Meier[7], le studio s'oriente vers la simulation de vol avec Hellcat Ace (1982), puis Spitfire Ace (1982), Solo Flight (1983) et F-15 Strike Eagle (1985), tous conçus et programmés par Meier[8].

Le nom de Meier apparaît pour la première fois sur la jaquette d'un jeu en 1982, en tant que créateur crédité de Formula 1 Racing. En 1984, Stealey entreprend de le mettre en avant commercialement, espérant attirer d'autres développeurs en le présentant comme un auteur[4] ; dès 1986, MicroProse utilise son nom et son visage dans ses publicités[9]. En 1987, paraît Sid Meier's Pirates!, le premier jeu à porter son nom dans le titre. Meier expliquera plus tard que ce choix tient à la rupture que représente Pirates! par rapport aux productions antérieures du studio : Stealey estimait que son nom inciterait les acheteurs des simulateurs de vol à essayer le jeu. Ce dernier raconte qu'au cours d'un dîner organisé lors d'une réunion de la Software Publishers Association, Robin Williams, présent à la table, lui aurait suggéré de faire figurer le nom de Sid sur quelques boîtes et d'en faire une vedette[2],[5].

L'idée se révèle payante : en 1992, un texte primé lors du concours de poésie de Computer Gaming World présente son nom comme une garantie de qualité[10]. Tout en soulignant qu'il n'a jamais encouragé cette mise en avant, Meier tient à réaliser seul l'intégralité de ses jeux, son et graphismes compris, jusqu'à ce que le travail de l'illustrateur Michael Haire[11], recruté par Stealey pour Silent Service (1985), le fasse changer d'avis[4]. Meier n'est d'ailleurs pas toujours le concepteur principal des titres qui portent son nom : Brian Reynolds est crédité comme concepteur principal de Civilization II, Sid Meier's Alpha Centauri et Sid Meier's Colonization[12],[13], tandis que Jeff Briggs conçoit Civilization III[14], Soren Johnson dirige Civilization IV[15], Jon Shafer Civilization V[16], et Will Miller et David McDonough signent Civilization: Beyond Earth[17].

Après la sortie de F-19 Stealth Fighter, Meier se consacre aux jeux de stratégie, expliquant par la suite qu'il avait mis dans ce titre tout ce qu'il trouvait intéressant dans un simulateur de vol[18]. Inspiré par SimCity et Empire, il crée Sid Meier's Railroad Tycoon puis la série qui lui vaut sa plus grande notoriété, Sid Meier's Civilization[13], dont il ne conçoit toutefois que le premier volet.

Vers 1990, Stealey souhaite étendre l'activité de MicroProse aux jeux d'arcade, une orientation que Meier juge trop risquée. Un seul jeu d'arcade sortira sans sa participation : une version améliorée de F-15 Strike Eagle II commercialisée sous le titre F-15 Strike Eagle[19]. Faute d'accord avec Stealey, Meier lui cède sa moitié de la société tout en y conservant ses fonctions[20].

Firaxis Games

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Sid Meier à la Game Developers Conference en 2010.

Devenue société par actions, MicroProse fusionne en 1993 avec Spectrum HoloByte sous le nom de cette dernière, qui devient la société d'exploitation. Par souci d'économies, Spectrum supprime en 1996 de nombreux postes chez MicroProse et regroupe une grande partie de ses activités. Mécontents de ces décisions, Meier et ses collègues, Jeff Briggs et Brian Reynolds, quittent l'entreprise pour fonder Firaxis Games en 1997[21],[22].

Firaxis poursuit dans la veine des jeux de stratégie développés chez MicroProse, dont plusieurs sont des suites directes, à l'image des nouveaux Civilization et du remake de Sid Meier's Pirates! (2004). En 1996, Meier obtient un brevet pour un système de composition et de synthèse musicale en temps réel, utilisé dans C.P.U. Bach[23]. Le magazine Next Generation le fait figurer dans son classement des « 75 personnalités les plus importantes de l'industrie du jeu vidéo » en 1995, le décrivant comme un développeur prolifique à l'origine de plusieurs des meilleurs titres du catalogue de MicroProse[24].

Selon des employés de Firaxis, Meier développe depuis 1996 un moteur de jeu qui lui est propre et qu'il n'a jamais partagé, et dont il se sert pour prototyper ses idées. Le producteur Dennis Shirk indique, en 2016, qu'il arrive à Meier et lui annonce, en arrivant au studio, qu'il a un nouveau prototype à faire essayer, afin d'évaluer s'il mérite d'être développé. Ce moteur reposerait sur le code source du premier Civilization, enrichi au fil des ans par ses soins ou par d'autres ingénieurs[25].

À partir du début de l'année 2000, Meier travaille avec une équipe sur un jeu consacré aux dinosaures, mais annonce en 2001, dans un journal de développement publié en ligne, que le projet est suspendu. Malgré plusieurs approches, au tour par tour comme en temps réel, il déclare n'avoir trouvé aucun moyen de rendre le concept suffisamment amusant. En 2005, il indique que le projet reste en suspens faute de temps, tout en se disant désireux d'y revenir[26].

Son autobiographie, Sid Meier's Memoir!: A Life in Computer Games, paraît le 8 septembre 2020 chez W. W. Norton & Company[27].

Style de développement

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Computer Gaming World rapporte en 1994 que Meier a affirmé à plusieurs reprises privilégier les aspects amusants d'une simulation et écarter le reste[28]. La même année, le magazine rapporte que, pour Meier, cerner cette qualité insaisissable qu'est le plaisir de jeu constitue la partie la plus ardue de la conception[29]. Selon PC Gamer, ses jeux, bien qu'ils traitent souvent d'époques et de lieux marqués par la violence, ne montrent jamais de sang ; il les conçoit en y jouant de façon répétée jusqu'à ce qu'ils deviennent amusants[30].

Vie privée

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Meier vit à Hunt Valley, dans le Maryland, avec sa seconde épouse, Susan. Chrétien pratiquant, il fréquente avec elle une paroisse de l'Église évangélique luthérienne en Amérique à Cockeysville, où il dirige la musique contemporaine[2],[31]. Susan Meier fait partie des treize premiers salariés de Firaxis Games[32]. Le couple a un fils, Ryan Meier, qui a travaillé pour Blizzard Entertainment, Firaxis Games et Google[33].

Distinctions

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L'étoile de Sid Meier au Walk of Game, au Metreon de San Francisco.

En 1996, GameSpot place Meier en tête de son classement des personnalités les plus influentes de l'histoire du jeu vidéo sur ordinateur, le comparant à Alfred Hitchcock, Steven Spielberg et Duke Ellington[34]. La même année, Computer Gaming World le classe huitième des personnalités les plus influentes de tous les temps, relevant qu'aucun concepteur ne compte autant de jeux au temple de la renommée du magazine[35]. En 1997, le même magazine le place en première position de son classement des personnalités les plus influentes du jeu vidéo sur ordinateur, au titre de la conception de jeux[36]. En 1999, il devient la deuxième personnalité admise au temple de la renommée de l'Academy of Interactive Arts & Sciences[37].

Ludographie

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Liste des plus importants jeux créés par Sid Meier au cours des quatre dernières décennies :

Références

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  1. ↑ (en) « Firaxicon: An Evening with Sid Meier and Jake Solomon of Firaxis Games » [archive du ], sur YouTube, Sid Meier's Civilization, (consulté le )
  2. 1 2 3 (en) « Sid Meier: The Father of Civilization », sur Kotaku, (consulté le )
  3. ↑ (en) « Sid Meier's Game Design Boot Camp at the University of Michigan » [archive du ], sur eecs.umich.edu (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Neima Jahromi, « Sid Meier and the Meaning of "Civilization" », The New Yorker,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 (en) Chris Sullentrop, « 'Civilization' Creator Sid Meier: "I Didn't Really Expect to be a Game Designer" » [archive du ], sur Glixel, (consulté le )
  6. ↑ (en) Luke Plunkett, « Remembering The House That Civilization Built » [archive du ], sur Kotaku, (consulté le )
  7. ↑ (en) « Floyd of the Jungle » [archive du ], sur Atari Mania (consulté le )
  8. ↑ (en) Richard Rouse, Game Design: Theory & Practice, Plano, Texas, Wordware Publishing, (ISBN 1-55622-735-3, lire en ligne), p. 41
  9. ↑ (en) « Another Great Simulation from Sid Meier – Author of F-15 Strike Eagle (publicité) », sur Run, (consulté le )
  10. ↑ (en) « CGW's Last Annual Game Poetry Contest », Computer Gaming World,‎ , p. 48 (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ (en) Sid Meier, Sid Meier's Memoir!, W. W. Norton & Company, (ISBN 978-1-324-00587-2), p. 50
  12. ↑ (en) « GameSpy: PC Games, Reviews, News, Previews, Demos, Mods & Patches » [archive du ], sur GameSpy (consulté le )
  13. 1 2 (en) « GameSpot Presents: The Sid Meier Legacy » [archive du ], sur GameSpot (consulté le )
  14. ↑ (en) Mike Musgrove, « For the Fun of It », sur The Washington Post, (consulté le )
  15. ↑ (en) « Interview: Looking Back... Civilization IV » [archive du ], sur Computer and Video Games, (consulté le )
  16. ↑ (en) Julian Murdoch et Jason Wilson, « Civilization 5 » [archive du ], sur GamePro, (consulté le )
  17. ↑ (en) Simon Parkin, « 'We should have been more audacious' – A Civilization: Beyond Earth retrospective » [archive du ], sur Gamasutra, (consulté le )
  18. ↑ (en) Richard Rouse III, Game Design: Theory & Practice, Wordware Publishing, , 2e éd. (ISBN 1-55622-912-7), p. 20-39
  19. ↑ (en) « F-15 Strike Eagle », sur Arcade History (consulté le )
  20. ↑ (en) Richard Scott-Jones, « An excerpt from Sid Meier's Memoir! on the making of Civilization », sur PCGamesN, (consulté le )
  21. ↑ (en) « Sid starts up. Again » [archive du ], sur Forbes, (consulté le )
  22. ↑ (en) « Sid Meier Leaves Microprose », Next Generation, Imagine Media, no 20,‎ , p. 25
  23. ↑ Brevet US 5496962, « System for Real-Time Music Composition and Synthesis », Sidney K. Meier et Jeffery L. Briggs, délivré le 5 mars 1996.
  24. ↑ (en) « 75 Power Players », Next Generation, Imagine Media, no 11,‎ , p. 51
  25. ↑ (en) Kirk McKeand, « Sid Meier prototypes his ideas on a 20-year-old engine only he knows how to use », sur PCGamesN, (consulté le )
  26. ↑ (en) « Ask Sid » [archive du ], sur Firaxis, (consulté le )
  27. ↑ (en) Jason Schreier, « Creator of 'Civilization' Looks Back at One of the Longest Careers in the Industry », sur Bloomberg News, (consulté le )
  28. ↑ (en) M. Evan Brooks, « Pachyderm Platoon », Computer Gaming World,‎ , p. 166 et 168 (lire en ligne, consulté le )
  29. ↑ (en) Johnny L. Wilson, Ken Brown et Chris Lombardi, « The Designer's Dilemma: The Eighth Computer Game Developers Conference », Computer Gaming World,‎ , p. 26-31 (lire en ligne, consulté le )
  30. ↑ (en) « How Sid Meier became one of the most recognizable names in gaming », PC Gamer,‎ (lire en ligne, consulté le )
  31. ↑ (en) « Game Boy Magazine: Sid Meier, May 1999 » [archive du ], sur joabj.com (consulté le )
  32. ↑ (en) « Susan Meier », sur MobyGames (consulté le )
  33. ↑ (en) Jennifer Judge Hensel, « Students experience 'boot camp' with legendary game designer Sid Meier » [archive du ], sur ur.umich.edu, (consulté le )
  34. ↑ (en) « The 15 Most Influential People in Computer Gaming of All Time » [archive du ], sur GameSpot, (consulté le )
  35. ↑ (en) « The 15 Most Influential Industry Players of All Time », Computer Gaming World, no 148,‎ .
  36. ↑ (en) « The Most Influential People in Computer Gaming », Computer Gaming World, no 159,‎ .
  37. ↑ (en) « Special Awards - Sid Meier, Firaxis Games », sur interactive.org (consulté le ).

Bibliographie

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Liens externes

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