Ptahchepsès (vizir de Niouserrê)
| Ptahchepsès | ||||||||
Le vizir Ptahchepsès | ||||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | Ptḥ-Šp.ss | |||||||
| Période | Ancien Empire | |||||||
| Dynastie | Ve dynastie | |||||||
| Fonction principale | vizir | |||||||
| Dates de fonction | règne de Niouserrê | |||||||
| Famille | ||||||||
| Conjoint | Khâmerernebty | |||||||
| Enfant(s) | ♂ Khâfini♂ Ptahchepsès II♂ Ptahchepsès♂ Nysouqed/Qednès♂ Kahotep♂ Hémakhty♂ Khénou♀ Mérititès♀ Hémetrê | |||||||
| Sépulture | ||||||||
| Nom | Mastaba de Ptahchepsès | |||||||
| Type | mastaba | |||||||
| Emplacement | Abousir | |||||||
| Date de découverte | 1843 | |||||||
| Découvreur | Karl Richard Lepsius | |||||||
| Fouilles | 1893 (Jacques de Morgan)1960-1974 (Institut égyptologique tchèque) | |||||||
| Objets | Sarcophage | |||||||
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Ptahchepsès est le vizir du pharaon Niouserrê de la Ve dynastie égyptienne.
Attestations et titres
[modifier | modifier le code]Ptahchepsès est attesté au moins par sa tombe, située à Abousir, ainsi que peut-être par une représentation dans le temple funéraire du complexe pyramidal de Niouserrê[1],[2]. Il portait les titres suivants[3],[2] :
- « Fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t n(y) ẖ.t=f),
- « Comte » (ḥȝty-ˁ),
- « Ami unique » (smr wˁty),
- « Chef de Deux Chambres de tous les ornements royaux » (jmy-r js.wy ẖkr nsw.t nb),
- « Chef de l'atelier » (jmy-r wˁbt),
- « Chef de tous les travaux du roi » (jmy-r kȝ.t nb.t n.t nsw.t),
- « Gardien de la coiffe » (jry nfr-ḥȝt),
- « Assistant de Douaou » (ˁȝ Dwȝw),
- « Pâtre de Nekhen » (mnjw Nḫn),
- « Serviteur du trône » (ḥm st),
- « Prêtre de Nekhbet, Maîtresse du Temple de Haute-Égypte » (ḥm-nṯr Nḫb.t nb.t ˁḥ-nṯr šmˁw),
- « Chef des grands » (ḥry wrw),
- « Chef des secrets de la maison du matin » (ḥry-sštȝ n pr-dwȝt),
- « Chef des secrets des paroles divines » (ḥry-sštȝ n mdw nṯr),
- « Chef des secrets des paroles secrètes des paroles divines » (ḥry-sštȝ n mdw(w) štȝ(w) nw mdw nṯr),
- « Chef des secrets de son maître » (ḥry-sštȝ n nb=f),
- « Chef des secrets du roi en tout lieu » (ḥry-sštȝ n nsw.t m sw.t=f nb.t),
- « Gouverneur de Nekheb » (ḥry-tp Nḫb),
- « Chef de ceux qui sont parmi les dieux » (ḫrp jmy.w nṯr.w),
- « Directeur du palais cérémoniel » (ḫrp ˁḥ),
- « Prêtre-khet du Grand (Dieu) » (ḫt Wr),
- « Prêtre-lecteur » (ẖry-ḥb),
- « Prêtre-lecteur en chef » (ẖry-ḥb ḥry-tp),
- « Scribe des rouleaux (de papyrus) divins » (sš mḏȝt nṯr),
- « Juge en chef et Vizir » (tȝjty sȝb ṯȝty).
Biographie
[modifier | modifier le code]Une inscription près de l'entrée du mastaba relate la biographie de Ptahchepsès, à l'instar de celles d'Ouni et de Hirkhouf ; toutefois, les parties supérieures du texte manquant, le début de chaque ligne demeure inconnu. Les reliefs du complexe lui attribuent plusieurs titres : « Comte, ami unique... gardien de la coiffe... favori de son seigneur... grand juge, vizir, surveillant de tous les travaux du roi, serviteur du trône, prêtre-lecteur... Celui qui est vénéré par son seigneur, surveillant des deux chambres de la parure royale, fils du roi Ptahchepsès[4],[2] ». Ce titre de « fils du roi » est toutefois honorifique[5].
En outre, il est qualifié de « barbier de la Grande Maison » et de « manucure de la Grande Maison », postes qu'il avait au début de sa carrière[6]. Ces fonctions constituaient un honneur considérable, car elles impliquaient d'entrer en contact physique avec le roi, lui-même incarnation du divin. Le rang social élevé de Ptahchepsès est également attesté par trois statues distinctes dans la chapelle du mastaba, illustrant ses rôles de haut fonctionnaire, de prêtre et de simple particulier. De nombreux éléments du mastaba — notamment les magasins servant de greniers et de trésorerie, la salle de la barque et deux fosses à barques situées à l'extérieur du complexe — témoignent d'une inspiration puisée dans l'architecture royale. L'emplacement du mastaba, situé sur le plateau désertique presque à égale distance et en avant des complexes pyramidaux de Sahourê et de Niouserrê, suggère également une volonté délibérée de l'associer à la royauté.
Généalogie
[modifier | modifier le code]Ptahchepsès épousa Khâmerernebty, la fille du roi Niouserrê. Leurs cinq enfants sont mentionnés dans la tombe : les fils Khâfini, Ptahchepsès II, Ptahchepsès, Kahotep, Nysouqed/Qednès, Hémakhty et Khénou, ainsi que les filles Hémetrê et Mérititès[7] ; cette dernière portait le titre de « fille du roi » bien qu'elle n'en fût que la petite-fille[8]. Mérititès et Kahotep ont d'ailleurs été enterrés dans le « mastaba des princesses », à l'origine construit pour Khâmerernebty et situé au sud du mastaba de Ptahchepsès et à l'est de la pyramide de Niouserrê[9]. Ptahchepsès II a quant à lui été enterré dans un mastaba situé à l'est du mastaba de Ptahchepsès, juste en face de l'entrée de ce dernier[10].
Khâfini, dont le nom a été volontairement détruit, et Ptahchepsès II étant tous les deux qualifiés de « fils aîné », il a été supposé que l'un d'entre eux serait le fils d'une autre épouse de Ptahchepsès. Verner a cependant émis l'hypothèse qu'ils pourraient être jumeaux, car plusieurs naissances gémellaires semblaient exister dans la famille royale à cette époque[11].
Sépulture
[modifier | modifier le code]Découverte
[modifier | modifier le code]En 1843, Karl Richard Lepsius, de l'université de Berlin, découvrit le mastaba de Ptahchepsès mais le prit pour une pyramide, qu'il numérota XIX dans sa liste. Les fouilles menées par Jacques de Morgan sur le site en 1893 révélèrent qu'il s'agissait en réalité d'un mastaba. Ce n'est qu'environ soixante-dix ans plus tard que l'Institut tchèque d'égyptologie a relancé l'intérêt pour le site en mettant au jour la structure complète lors d'une série de fouilles menées entre 1960 et 1974, principalement sous la direction de Zbyněk Žába et d'Abdu al-Qereti[12].
Chronologie
[modifier | modifier le code]Le nom de la princesse Khâmerernebty apparaît dans trois marques de construction ; ces blocs semblent être des dons de la princesse pour le mastaba de son époux. De la même manière, des blocs de constructions au nom de Ptahchepsès ont été découverts dans le « mastaba des princesses », blocs qui semblent être également des dons d'un mari à son épouse. Le titre de Ptahchepsès sur ces blocs est « comte », titre attesté uniquement sur les phases 2 et 3 du mastaba de Ptahchepsès. Cela pourrait signifier que Ptahchepsès a fait commencer son mastaba avant son mariage avec la fille du roi, et qu'il n'a agrandi ce mastaba qu'après être devenu le gendre du roi, mais cela n'est pas certain[9].
Description
[modifier | modifier le code]Le mastaba de Ptahchepsès a été construit en trois phases[13]. L'entrée de la tombe, documentée par de Morgan et confirmée par Zaba, se situe dans l'angle nord-est du complexe. Elle se compose de deux colonnes en calcaire blanc fin, hautes de six mètres et formées de huit tiges évoquant des lotus ; elles soutenaient une architrave en calcaire fin, surmontée de dalles de calcaire formant une terrasse. Ces colonnes constituent les plus anciens exemples connus de ce type en Égypte antique[14].
L'entrée mène à une salle dotée de colonnes en forme de lotus à six tiges ; construite lors de la deuxième phase d'agrandissement du mastaba, cette pièce devait initialement servir d'entrée à l'édifice, mais elle fut condamnée lors de la troisième phase d'agrandissement[15]. Les murs de cette salle sont ornés de scènes représentant des bateaux et les préparatifs du culte funéraire de Ptahchepsès, ainsi que son inscription biographique. Un passage étroit, décoré de représentations de Ptahchepsès et d'animaux destinés au sacrifice, conduit à une chapelle abritant des fragments de statues qui occupaient autrefois trois niches. Le mur nord de la chapelle présente des reliefs montrant Ptahchepsès supervisant des travaux agricoles et des serviteurs apportant des offrandes, tandis que le mur sud figure des pêcheurs et des bergers apportant des volailles en offrande aux pieds de Ptahchepsès. Près du passage étroit se trouve un autre relief représentant les six fils de Ptahchepsès en marche. Le nom du premier fils, identifié aujourd'hui comme étant Khâfini, a été martelé. Deux fils portaient le nom de Ptahchepsès, tandis que les trois autres s'appelaient Kahotep, Hémakhty et Khénou[16].
Au nord de la chapelle se trouvent quatre magasins contenant des vases cultuels probablement utilisés dans la chapelle. Celle-ci débouche sur une cour dotée de vingt piliers en calcaire, construite lors de la troisième phase d'agrandissement. Ces piliers arborent des représentations de Ptahchepsès grandeur nature et sont disposés de manière à guider le visiteur vers le grand autel central, vers l'entrée originelle du mastaba et, finalement, vers la chambre funéraire de Ptahchepsès. La cour est en outre décorée de reliefs, dont peu ont été conservés in situ[17]. Au sud-est de la cour se situent les complexes du trésor et des magasins à grains[5]. La chambre funéraire est située dans l'angle nord-ouest de la tombe. Bien qu'ils aient été largement pillés, deux sarcophages en granit — un grand pour Ptahchepsès et un plus petit pour son épouse Khâmerernebty — sont bien conservés[18]. Il est à noter que le sarcophage de la princesse n'était pas prévu à cet emplacement à l'origine ; une partie de la maçonnerie du mur sud du mastaba original a été démantelée pour pouvoir y introduire le sarcophage et a été reconstruite[9]. L'une des caractéristiques les plus remarquables du mastaba est une salle située dans l'angle sud-ouest de la tombe, dont la forme rappelle celle d'une barque[19]. Tout comme les pyramides environnantes, le mastaba a été pillé à maintes reprises et la momie de Ptahchepsès a été détruite. Au Nouvel Empire, un atelier fut installé à l'intérieur du mastaba afin de démanteler la tombe et de réutiliser la pierre pour d'autres constructions. Ce processus de destruction s'est poursuivi jusqu'à l'époque romaine, laissant la tombe en ruines et ensevelie sous le sable[20].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Borchardt 1907, p. 71.
- 1 2 3 Baud 2005, p. 451.
- ↑ Strudwick 1985, p. 89.
- ↑ Verner 1977, p. 131.
- 1 2 Verner 2017, p. 174.
- ↑ Verner 1977, p. 136.
- ↑ Verner 2017, p. 177.
- ↑ Baud 2005, p. 470.
- 1 2 3 Verner 2017, p. 162-163.
- ↑ Verner 2017, p. 179.
- ↑ Verner 2017, p. 177-179.
- ↑ Verner 2017, p. 158.
- ↑ Verner 2017, p. 161.
- ↑ Verner 2017, p. 165-167.
- ↑ Verner 2017, p. 164.
- ↑ Verner 2017, p. 167-177.
- ↑ Verner 2017, p. 172-173.
- ↑ Verner 2017, p. 162 et 176-177.
- ↑ Verner 2017, p. 174-175.
- ↑ Verner 2017, p. 179-180.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- (de) Ludwig Borchardt, Das Grabdenkmal des Königs Ne-User-Re, Leipzig, Hinrichs, coll. « Ausgrabungen der Deutschen Orient-Gesellschaft in Abusir; 1 : Wissenschaftliche Veröffentlichungen der Deutschen Orient-Gesellschaft; 7 », , 184 p. (OCLC 557849948, DOI 10.11588/diglit.36919, lire en ligne) ;
- (en) Jaromír Krejčí, Abusir XI: The architecture of the Mastaba of Ptahshepses, Prague, Czech Institute of Egyptology (Charles University), , 191 p. (ISBN 978-8020017284) ;
- (de) Břetislav Vachala, Abusir VIII: Die Reliefs aus der Ptahschepses-Mastaba in Abusir, Czech Institute of Egyptology (Charles University), , 450 p. (ISBN 978-8086277332) ;
- (en) Miroslav Verner, Abusir I: The Mastaba of Ptahshepses, Prague, Czech Institute of Egyptology (Charles University), , 288 p. (lire en ligne) ;
- (de) Miroslav Verner, Abusir II: Baugraffiti der Ptahschepses-Mastaba, Czech Institute of Egyptology (Charles University), , 292 p. (lire en ligne) ;
- (en) Nigel Strudwick, The Administration of Egypt in the Old Kingdom: The Highest Titles and Their Holders, Londres, Boston, Paul Kegan International, coll. « Studies in Egyptology », (ISBN 978-0-7103-0107-9, lire en ligne) ;
- (en) Miroslav Verner, Abusir : The Necropolis of the Sons of the Sun, Le Caire, The American University of Cairo, , 2e éd. (1re éd. 2002), 420 p. (ISBN 978-977-416-790-4).