Instruction à domicile en Europe
Au sein de l'Union européenne, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, entrée dans l'ordre juridique de l'Union avec le traité de Lisbonne, garantit normalement aux parents le libre choix du mode d'instruction de leurs enfants en vertu de l'article II-14-3[1], disposition renforcée par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948[2].
Néanmoins, en pratique, les possibilités de l'instruction en famille sont différentes d'un pays à l'autre. Parmi les 47 pays membres du Conseil de l’Europe :
- 5 pays interdisent totalement l’instruction en famille, sauf dérogations exceptionnelles liées à la santé ou au handicap[3] (Allemagne, Arménie, Chypre, Macédoine du Nord, Turquie)
- 7 pays l’ont soumis à une autorisation préalable (France, Grèce, Hongrie, Pays-Bas, Roumanie, Slovaquie, Suède)
- Pour les autres pays, le régime varie d’une totale liberté à une simple déclaration, éventuellement complétée par une justification de la capacité des parents à enseigner (Islande, Italie, Liechtenstein, Malte, Portugal, République Tchèque, Serbie) ou la justification de répondre à certaines raisons prévues par la loi (Albanie, Biélorussie, Croatie). L’instruction peut être contrôlée et certains pays imposent l’obligation de suivre le programme scolaire à distance (Biélorussie, Bulgarie).
- Enfin, pour un certain nombre de pays, il existe un vide juridique permettant à chacun de faire selon ses convictions.
Toutefois, dans d'autres pays comme l'Angleterre, l'Irlande, la France, l'Italie, la Suisse ou le Danemark la liberté d'instruction existe dans la loi et les parents peuvent donc choisir d'instruire eux-mêmes leurs enfants. Cependant, dans ces pays, les gouvernements tentent parfois d'instaurer des contrôles. C'est le cas en France où les enfants instruits à domicile font l'objet d'une enquête de mairie tous les deux ans et où l'enseignement donné dans le cadre de l'instruction en famille est vérifié une fois par an par l'inspection académique, selon l'article L131-10 du code de l'éducation. Parfois, ces contrôles sont en rapport avec les programmes nationaux, comme en Belgique ou en Autriche, où les enfants sont soumis à un examen scolaire national, souvent ils laissent une liberté pédagogique aux parents comme en France, en Italie, ou encore au Danemark où les parents peuvent même choisir leur inspecteur. D'autres pays européens tolèrent plus ou moins l'instruction parentale, soit parce que cette possibilité n'est pas prise en considération dans la loi.
Allemagne
[modifier | modifier le code]Belgique
[modifier | modifier le code]France
[modifier | modifier le code]Pays-Bas
[modifier | modifier le code]Aux Pays-Bas, l'instruction parentale est soumise à autorisation et est permise si les parents avancent des raisons religieuses ou des choix éducatifs ; les choix pédagogiques n'étant pas pris en considération. En France par contre, la mise en avant de choix religieux risquerait fortement d'assimiler la famille à une fréquentation sectaire, ce qui pourrait générer des complications.[réf. nécessaire]
Suisse
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Instruction à domicile » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « La liberté de créer des établissements d'enseignement dans le respect des principes démocratiques, ainsi que le droit des parents d'assurer l'éducation et l'enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques, sont respectés selon les lois nationales qui en régissent l'exercice. » (Art 14-3)Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne de 2002.
- ↑ « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. » (Art. 26-3) Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948
- ↑ « Politiques en matière d'enseignement. Rapport Eurydice. Enseignement primaire et secondaire inférieur. »
