Aller au contenu

Constance III

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Constance III
Empereur romain d'Occident
Image illustrative de l’article Constance III
Solidus à l'effigie de Constance III.
Règne
- (~7 mois)
Période Théodosiens
Précédé par Flavius Honorius seul
Co-empereur Flavius Honorius
Usurpé par Maxime (420 - 422)
Suivi de Flavius Honorius seul
Biographie
Nom de naissance Flavius Constantius
Naissance Naissus (Mésie)
Décès
Épouse Galla Placidia (417 - 421)
Descendance (1) Valentinien III
(2) Justa Grata Honoria

Constance III, appelé en tant qu'empereur Flavius Constantius Augustus, mort le à Ravenne, est un général romain du règne d'Honorius (de 395 à 423), empereur d'Occident aux côtés de ce dernier du au .

Nommé magister militum en 411, il est envoyé réprimer la révolte de Constantin III, établi à Arles, campagne qu'il mène avec succès. Constance mène ensuite aussi avec succès des campagnes contre les Wisigoths en Hispanie et en Gaule, réussissant à leur imposer le statut de fédérés à l'origine du royaume de Toulouse (418).

Ayant épousé la demi-sœur d'Honorius, Galla Placidia, en 417, Constance reçoit le titre d'Auguste en , mais n'est pas reconnu comme tel par l'empereur d'Orient. Il meurt quelques mois plus tard, sans avoir obtenu cette reconnaissance. Son fils Valentinien (419-455) succède à Honorius en 424 sous la tutelle de son épouse.

Origines et débuts

[modifier | modifier le code]

Constance naît à Naissus, capitale de la Mésie, à une date inconnue[1],[2].

Il est général sous le règne d'Honorius, atteignant le grade de magister militum (« maître des milices[3] ») en 411[2].

Campagne contre Constantin III (411)

[modifier | modifier le code]

Constance est chargé par Honorius de mettre fin à la révolte de Constantin III, qui s'est déclaré empereur en Bretagne en 407[4],[5], faisant ensuite passer ses troupes en Gaule et s'installant à Arles.

Constance commencence par vaincre les troupes de Gerontius, autre général entré en rébellion, mais opposé à Constantin, puis commence le siège d'Arles[5]. Gerontius se suicide en Hispanie un peu plus tard en 411[6].

Constantin refuse de se rendre, espérant tenir jusqu'au retour de son lieutenant, Edobich, qui lève alors des troupes dans le nord de la Gaule[7]. Mais quand Edobich revient à Arles, il est battu par Constance[8]. Constantin subit alors la défection de son armée sur le limes du Rhin, qui rejoint un autre usurpateur, Jovin. Il se rend, moyennant la promesse de pouvoir se retirer dans un monastère. Mais, fait prisonnier, il est ramené à Ravenne et finalement décapité[9], en août ou [4].

Jovin est battu en 413 par le roi des Wisigoths Athaulf[8],[10].

Malgré ces victoires sur les usurpateurs, ni Honorius ni aucun empereur romain après lui ne pourront rétablir les troupes romaines en Bretagne[11].

Soumission des Wisigoths (416-418)

[modifier | modifier le code]

Constance lance en 416 une campagne contre les Wisigoths au nord de l'Hispanie, en installant un blocus pour les affamer. Le nouveau roi wisigoth, Wallia, se rend, acceptant de libérer Galla Placidia, demi-sœur d'Honorius, capturée par Alaric en 410 et mariée de force à Athaulf, mort en 415.

Wallia accepte également de se mettre au service de Rome contre les Vandales et autres envahisseurs germains, en échange de nourriture[12]. Les Wisigoths, devenus un peuple fédéré de l'empire, fondent le royaume de Toulouse dans le sud de la Gaule.

En 420, Constance a donc rétabli la domination impériale en Hispanie et en Gaule[13].

Position éminente de Constance aux côtés d'Honorius (414-420)

[modifier | modifier le code]

À cette époque, les généraux jouent un rôle essentiel dans le maintien au pouvoir des empereurs romains, particulièrement dans l'empire d'Occident[14]. La position de Constance comme magister militum et ses compétences comme homme de guerre lui donnent une grande influence dans l'Empire d'Occident, comparable à celle qu'a eu Stilicon[2] au début du règne d'Honorius, alors très jeune (né en 384).

C'est pourquoi Honorius lui accorde différentes distinctions[14], notamment le consulat, à trois reprises: en 414, avec Constant, en 417 avec Honorius[1],[15], en 420 avec Théodose II[1],[16].

Afin de s'assurer sa loyauté, Honorius arrange même en 417 des fiançailles de Constance avec Galla Placidia[1], qui lui donne deux enfants : Honoria, née en 418, et Valentinien, en 419[17].

Crise de 421, mort et succession

[modifier | modifier le code]

Le , Honorius attribue à Constance le titre d'Auguste, mais Théodose II, empereur d'Orient, ne reconnaît pas cette nomination[18]. Face à cet affront, Constance envisage d'entrer en guerre contre Théodose[18], mais il meurt de maladie dès le , après seulement sept mois de règne[1],[19],[20].

Honorius redevient alors seul empereur d'Occident jusqu'à sa mort en 423. Son successeur est Valentinien III, le fils de Constance et de Galla Placidia, qui devient régente[21] de l'Empire d'Occident.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 5 Grant 2015, p. 60.
  2. 1 2 3 Adkins et Adkins 2014, p. 36.
  3. ↑ La traduction littérale est « maître des soldats », mais l'adaptation en « maître des milices » est usuelle, en raison d'un autre grade, magister utriusque militiae, « maître de l'une et l'autre milice », c'est-à-dire l'infanterie et la cavalerie. Ce sont des grades de l'époque du Bas-Empire, détachés du cursus honorum de la République et du Haut-Empire (les généraux étaient alors soit des consuls, soit des proconsuls) qui prévalait dans l'armée jusqu'à la fin de la paix romaine.
  4. 1 2 Jones 1992, p. 316.
  5. 1 2 Canduci 2010, p. 152.
  6. ↑ Jones 1992, p. 508.
  7. ↑ Bury 1889, p. 143.
  8. 1 2 Bury 1889, p. 144.
  9. ↑ Canduci 2010, p. 153.
  10. ↑ Canduci 2010, p. 155.
  11. ↑ Birley 1980, p. 160.
  12. ↑ Lee 2013, p. 115.
  13. ↑ Sivan 2011, p. 171.
  14. 1 2 Lee 2013, p. 82.
  15. ↑ Cooley 2012, p. 482.
  16. ↑ Cooley 2012, p. 483.
  17. ↑ De Jaeghere 2015, p. 363.
  18. 1 2 De Jaeghere 2015, p. 366.
  19. ↑ De Jaeghere 2015, p. 364.
  20. ↑ Cooley 2012, p. 506.
  21. ↑ Ring, Watson et Schellinger 2013, p. 554.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages spécialisés

[modifier | modifier le code]
  • (en) Chris Doyle, Honorius : The Fight for the Roman West AD 395–423, Abingdon, Routledge, coll. « Roman Imperial Biographies », (ISBN 978-1-138-19088-7).
  • (en) Thomas Christopher Lawrence, Crisis of Legitimacy : Honorius, Galla Placidia, and the Struggles for Control of the Western Roman Empire, 405–425 C.E. (thèse de doctorat), Knoxville, University of Tennessee, .
  • (en) Meaghan A. McEvoy, Child Emperor Rule in the Late Roman West : AD 367–455, Oxford, Oxford University Press, coll. « Oxford Classical Monographs », (ISBN 978-0-1996-6481-8).
  • (en) Hagith Sivan, Galla Placidia : The Last Roman Empress, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-537912-9, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (de) Werner Lütkenhaus, Constantius III. : Studien zu seiner Tätigkeit und Stellung im Westreich 411–421, Bonn, Rudolf Habelt, coll. « Habelts Dissertationsdrucke. Reihe Alte Geschichte » (no 44), .
  • (en) John M. O'Flynn, Generalissimos of the Western Roman Empire, Edmonton, University of Alberta Press, .
  • (en) Stewart Irvin Oost, Galla Placidia Augusta : A Biographical Essay, Chicago, University of Chicago Press, .

Articles et études spécialisées

[modifier | modifier le code]
  • (en) Jeroen W. P. Wijnendaele et Michael P. Hanaghan, « Constantius heros (ILCV 66) – An elegiac testimony on the decline of the Late Roman West », Chiron, vol. 51,‎ , p. 257-276 (DOI 10.34780/fc4a-6yfx).
  • (en) Geoffrey D. Dunn, « Constantius III, Galla Placidia, and Libanius the Magician », Journal for Late Antique Religion and Culture, vol. 14,‎ , p. 50-65 (DOI 10.18573/jlarc.113).
  • (en) Jeroen W. P. Wijnendaele, « The Manufacture of Heraclianus’ Usurpation (413 C.E.) », Phoenix, vol. 71, nos 1-2,‎ , p. 138-156 (DOI 10.7834/phoenix.71.1-2.0138).
  • (en) Geoffrey D. Dunn, « Flavius Constantius, Galla Placidia, and the Aquitanian Settlement of the Goths », Phoenix, vol. 69, nos 3-4,‎ , p. 376-393 (DOI 10.7834/phoenix.69.3-4.0376).
  • (en) Geoffrey D. Dunn, « Flavius Constantius and Affairs in Gaul between 411 and 417 », Journal of the Australian Early Medieval Association, vol. 10,‎ , p. 1-21 (DOI 10.35253/jaema.2014.1).
  • (de) Bruno Bleckmann, « Constantius III », Jahrbuch für Antike und Christentum, vol. 51,‎ , p. 227-231.

Ouvrages généralistes

[modifier | modifier le code]
  • (de) Mischa Meier, Geschichte der Völkerwanderung : Europa, Asien und Afrika vom 3. bis zum 8. Jahrhundert n. Chr., Munich, C.H. Beck, (ISBN 978-3-406-73959-0).
  • Claire Sotinel, Rome, la fin d’un empire : De Caracalla à Théodoric, 212-fin du Ve siècle, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », .
  • (en) Michael Grant, From Rome to Byzantium : The Fifth Century AD, Routledge, (ISBN 978-1-135-16672-4, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (en) Lesley Adkins et Roy A. Adkins, Handbook to Life in Ancient Rome, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-7482-2, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (de) Henning Börm, Westrom : Von Honorius bis Justinian, Stuttgart, W. Kohlhammer, coll. « Kohlhammer Urban-Taschenbücher » (no 735), (ISBN 978-3-17-023276-1).
  • (en) A. Doug Lee, From Rome to Byzantium AD 363 to 565, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-6835-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (en) Trudy Ring, Noelle Watson et Paul Schellinger, Southern Europe : International Dictionary of Historic Places, Taylor and Francis, (ISBN 978-1-134-25965-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Peter Heather, Rome et les barbares : Histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma éditeur, (1re éd. 2005).
  • (en) Anthony Birley, The People of Roman Britain, University of California Press, (ISBN 978-0-520-04119-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (en) J. B. Bury, A History of the Later Roman Empire, from Arcadius to Irene (395 A. D. to 800 A. D.)., Macmillan and co., Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Prosopographie et éditions des sources

[modifier | modifier le code]

Principales éditions et corpus de référence.

  • (en) Alison E. Cooley, The Cambridge Manual of Latin Epigraphy, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-139-57660-4, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (en) Richard W. Burgess, The Chronicle of Hydatius and the Consularia Constantinopolitana : Two Contemporary Accounts of the Final Years of the Roman Empire, Oxford, Clarendon Press, coll. « Oxford Classical Monographs », .
  • (en) Roger C. Blockley, The Fragmentary Classicising Historians of the Later Roman Empire : Eunapius, Olympiodorus, Priscus and Malchus, Liverpool, Francis Cairns, 1981-1983 Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (en) John Robert Martindale, « Constantius 17 », dans The Prosopography of the Later Roman Empire, vol. 2 : A.D. 395–527, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-20159-4), p. 321-325.
  • (en) Clyde Pharr, The Theodosian Code and Novels and the Sirmondian Constitutions, Princeton, Princeton University Press, .

Romans et essais

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]