Bleu et violet de Chine
Le bleu et le violet de Chine sont des pigments synthétiques, mis au point et anciennement utilisés en Chine. Ils sont à base de silicates de baryum et de cuivre, de formules chimiques BaCuSi4O10 (bleu) et BaCuSi2O6 (violet).
Histoire
[modifier | modifier le code]Ce bleu et ce violet ont été produits et utilisés dans la Chine antique et impériale, depuis la période des Zhou occidentaux (1045–771 av. J.-C.) jusqu'à la fin de la dynastie Han (vers 220 apr. J.-C.).
La production semble s’être concentrée dans le nord de la Chine, à environ 200–300 km au nord de Xi'an, une zone qui recèle d'importants gisements de matières premières[1].
Préparation
[modifier | modifier le code]Aucun document écrit n'a été retrouvé concernant la production du bleu ni du violet, les connaissances sur leur fabrication ont été acquises par l'expérimentation[2].
Le bleu de Chine se prépare à partir de malachite, de silice et de withérite avec un dégagement de dioxyde de carbone et de vapeur d'eau, selon la réaction[2] :
- Cu2CO3(OH)2 + 8 SiO2 + 2 BaCO3 → 2 BaCuSi4O10 + 3 CO2 + H2O
La réaction à l'état solide permettant d'obtenir des silicates de baryum et de cuivre débute aux alentours de 900 °C.[5] Le violet se forme plus rapidement[2],[2]. Le bleu nécessite un excès de silice et un temps de réaction plus long[2]. Les productions chinoises anciennes consistaient généralement en un mélange de particules de bleu et de violet dans des proportions variables ; il arrivait toutefois que des pigments purs soient produits[3]. Si le bleu pouvait être porté à la fusion, le violet ne forme pas de masse fondue homogène ; son élaboration a donc nécessairement impliqué un processus de frittage[4].
Une cuisson prolongée entraîne la décomposition du violet, qui se transforme alors en bleu[4] :
- 3 BaCuSi2O6 → BaCuSi4O10 + 2 BaSiO3 + 2 CuO
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Han purple and Han blue » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Heinz Berke, « The Invention of Blue and Purple Pigments in Ancient Times », ChemInform (en), vol. 38, no 19, (DOI 10.1002/chin.200719227).
- 1 2 3 4 5 (en) Heinz Berke et Hans G. Wiedemann, « The Chemistry and Fabrication of the Anthropogenic Pigments Chinese Blue and Purple in Ancient China », East Asian Science, Technology, and Medicine, vol. 17, , p. 94-120 (DOI 10.1163/26669323-01701006).
- ↑ (en) Elisabeth West FitzHugh et Lynda A. Zycherman, « A purple barium copper silicate pigment from early China », Studies in Conservation (en), vol. 37, no 3, , p. 145-154 (DOI 10.1179/sic.1992.37.3.145).
- 1 2 (en) H. G. Wiedemann et H. Berke, « Chemical and Physical Investigations of Egyptian and Chinese Blue and Purple », dans W. Yongqi, Z. Tinghao, M. Petzet, E. Emmerling et C. Blänsdorf, The Polychromy of Antique Sculptures and the Terracotta Army of the First Chinese Emperor: Studies on Materials, Painting Techniques and Conservation, vol. III. Paris, ICOMOS, coll. « Monuments and Sites », , p. 154-169.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « han blue » (consulté le ) (spectroscopie)
- (en) « Blue Pigments » (consulté le ) (indice de réfraction)