Élevage ovin


L'élevage ovin concerne l'élevage des moutons (Ovis aries) au profit des humains.
Histoire
[modifier | modifier le code]La domestication du mouton est une des plus anciennes après celle du chien et de la chèvre. Elle s'est probablement faite dans le croissant fertile autour de la Mésopotamie. Le processus d'élevage a conduit à la domestication et à l'émergence de races spécialisées.
Une mutation survenue au Maghreb en a révolutionné l'élevage. Des moutons à la laine très fine et longue sont apparus. Amenés en Espagne, ils y ont créé la race Mérinos. Cette race à la qualité de laine exceptionnelle a été longtemps gardée jalousement par les Espagnols, avant de s'exporter mondialement.
Production
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- Viande : c'est la production primitive. En Occident elle n'est prisée seulement pour les jeunes agneaux au printemps. Dans les pays de tradition islamique, le mouton est une viande noble, consommée lors de fêtes religieuses (Aïd al-Adha/Aïd el-Kebir, Achoura).
- Laine (histoire de la laine et du drap) : utilisée pour la fabrication de vêtements (très bonnes propriétés isolantes), de tapis (tapis persan), etc.
- Lait : peu consommé en l'état, principalement transformé en fromage (fromages au lait de brebis).
- Fumier : dans l'élevage traditionnel, le mouton est élevé en pâturage extensif, mais l'élevage en bergerie génère un fumier de bonne qualité en maraîchage.
- Nettoyage écologique : le mouton a longtemps été élevé en zone d'arboriculture fruitière. Il gardait propre le sol en le pâturant. Ses excréments contribuaient à fertiliser le sol. Aujourd'hui, cette pratique perdure dans les zones à agriculture traditionnelle. Cet usage est cependant remis d'actualité en France, Espagne ou Italie, pour nettoyer les sous-bois et les rendre moins inflammables. La race des moutons d'Ouessant est quasi exclusivement élevée par des particuliers qui utilisent sa petite taille pour entretenir des parcs ou terrains.
Principaux pays d'élevage ovin
[modifier | modifier le code]Chili
[modifier | modifier le code]L'éleveur et berger Sergio Catalán (1928-2020), est une personnalité célèbre de l'élevage ovin[1].
Chine
[modifier | modifier le code]D'après la FAO (Food and Agriculture organisation) des Nations unies, la Chine est le plus important pays pour l'élevage de moutons avec 162 millions de têtes en 2016[2].
Australie
[modifier | modifier le code]En 2017, on comptait plus de 70 millions de moutons en Australie ; les principales régions de l'élevage ovin sont la Nouvelle-Galles du Sud avec 27 millions, l'Australie-Occidentale avec 14,2 millions, et l'Australie-Méridionale avec 11,1 millions[3].
Inde
[modifier | modifier le code]D'après la FAO, l'Inde est en 2016 le troisième pays au monde pour l'élevage ovin avec 63 millions de têtes[4].
Nouvelle-Zélande
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La Nouvelle-Zélande est un des pays qui comptent le plus de moutons par habitant, avec 27,3 millions de moutons pour 4,8 millions d'habitants en 2018[5]. Toutefois, leur nombre a considérablement baissé, puisqu'il était de 100 millions en 1990 et de 40,1 millions en 2006. Afin de réduire le rejet de méthane lié à cet élevage, des chercheurs ont réussi par des méthodes de sélection génétique à réduire de 10 % les rots et les pets de moutons[6]. Leurs travaux ont montré que ces rejets sont en partie liés à des traits héréditaires[7],[8]. Pour mesurer ces rejets, les moutons ont été placés dans des chambres spéciales pendant de courtes périodes pour mesurer précisément les gaz qu'ils produisent[9].
France
[modifier | modifier le code]En France, le cheptel ovin s’établit à 6,9 millions de têtes en 2011[10]. Parmi elles, on compte 5 millions de brebis, dont 1/4 sont des brebis laitières.
Le cheptel ovin français décline depuis plusieurs décennies : en 2000, il atteignait 9,3 millions de têtes, et près de 13 millions en 1979. C'est surtout l'élevage ovin pour la viande qui régresse. Le nombre d'exploitations agricoles détenant des ovins a chuté depuis 2000 : elles sont environ 53 000 en 2011, contre près de 96 000 en 2000[11].
Normes et réglementations pour l’élevage ovin
[modifier | modifier le code]Identification et traçabilité
[modifier | modifier le code]Tous les propriétaires d'ovins, qu'ils soient reconnus comme éleveur ou non, sont tenus de déclarer leurs effectifs annuels ainsi que les naissances de l'année précédente auprès de l'établissement départemental de l’élevage (EdE)[12].
Les animaux doivent être identifiés par un système de boucles auriculaires. Tous les animaux nés sur l'exploitation doivent être identifiés avant d'avoir six mois ou à leur sortie de l'exploitation. À chaque entrée ou sortie d’animaux de l’exploitation, l'éleveur doit remplir un document de circulation. Ce document permet de tracer les animaux et doit les accompagner durant leur déplacement. L’ensemble des informations liées aux identifications et les justificatifs de déplacement des animaux doivent être tenues à jour dans un registre d’élevage et les documents doivent être conservés durant cinq ans minimum.
Le règlement européen spécifie également que l’éleveur est responsable de la qualité sanitaire des produits issus de son exploitation. Selon la réglementation des informations sur la chaîne alimentaire (ICA)[13], l’éleveur est dans l’obligation d’informer la filière d'éventuels problèmes sanitaires pour toutes sorties des animaux de l’exploitation.
Sanitaire
[modifier | modifier le code]En France, les propriétaires d'ovins sont tenus de sélectionner un vétérinaire sanitaire pour leur élevage. Pour déplacer les animaux, l'éleveur doit tenir un registre sanitaire qui enregistre tous les traitements médicaux et les interventions effectuées sur les animaux. Ce registre inclut le nom du médicament, la date, le numéro des animaux concernés, et le délai d'attente avant que la viande ou le lait puissent être consommés. Les ordonnances, les bilans sanitaires et les comptes-rendus des visites annuelles doivent aussi être conservés dans ce registre[14].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Sergio Catalán »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
- ↑ « FAOSTAT », sur fao.org (consulté le ).
- ↑ (en) https://www.wool.com/market-intelligence/sheep-numbers-by-state/
- ↑ « FAOSTAT », sur fao.org (consulté le ).
- ↑ (en) « Now 5.6 sheep for each NZer », sur odt.co.nz via Internet Archive, (consulté le ).
- ↑ Grégory Rozières, « En Nouvelle-Zélande, on élève des moutons qui pètent et rotent moins », sur huffingtonpost, Le HuffPost, (consulté le ).
- ↑ (en) « New Zealand scientists are breeding sheep to fart and burp less », sur www.abc.net.au, (consulté le ).
- ↑ Pinares-Patiño, C., Hickey, S., Young, E., Dodds, K., MacLean, S., Molano, G., . . . McEwan, J., « Heritability estimates of methane emissions from sheep », Animal., (lire en ligne)
- ↑ (en) « Breeding sheep for lower emissions », sur www.agresearch.co.nz (consulté le ).
- ↑ La-viande.fr : Le cheptel et la production ovine française - Évolution du cheptel français, source Eurostat
- ↑ Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, GraphAgri France 2012, octobre 2012, volet « Productions animales », p.154. Consulté sur le site Agreste le 3 novembre 2012.
- ↑ Chambres d'agriculture France, « Identification animale », sur chambres-agriculture.fr, (consulté le ).
- ↑ « L'information sur la chaîne alimentaire (ICA) : maîtriser les dangers sanitaires en abattoir », sur Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (consulté le ).
- ↑ Marguerite Legros, Églantine Thierry, Mieux connaitre l'élevage ovin, 57 p. (lire en ligne), p. 22
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- L. Rieutort, 1995, L'Élevage ovin en France, CERAMAC, 511 p.
- (en) Drona Rasali, J.N.B. Shrestha et G.H. Crow, « Development of composite sheep breeds in the world: A review », Canadian Journal of Animal Science, vol. 86, , p. 1-24 (lire en ligne)
- François Castonguay, La reproduction chez les ovins, QC : Université Laval, (lire en ligne)
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Mouton, histoire de l'élevage des moutons
- Glossaire de l’élevage ovin (en)
- Liste de races ovines, dont liste et classifications des races ovines de France
- Matière fécale, purin, fumier, lisier
- Médecine vétérinaire, santé des ovins et des caprins, liste des maladies infectieuses des ovins et des caprins (en)
- Reproduction des moutons domestiques (en), agnelage
- Berger, chien de berger
- Bergerie (dont Bergerie nationale de Rambouillet), jas, sheep station (en) (Nouvelle-Zélande)
- Pastoralisme, pâturage, agrosylvopastoralisme, écopastoralisme
- Zootechnie, zoonose, Dolly (brebis) (1996-2003, premier clone mammifère)
Produits
[modifier | modifier le code]- Corne (matière)
- Cuir (de mouton, d'agneau)
- Déchet d'abattoir et d'équarrissage
- Intestin (pour boyau de saucisse)
- Laine, tonte de moutons, histoire de la laine et du drap
- Lait de brebis, fromages au lait de brebis
- Matière fécale, fumier, lisier, purin
- Suint, suif
- Viande, viande de mouton, viande d'agneau, viande d'agneau de prés salés
Organismes, organisations, réglementations
[modifier | modifier le code]- Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER, France, 2006)
- Unità ovina mediterranea (it) (UOM, 1989)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Institut de l'élevage (filière ovins/lait), site idele.fr
- Eric Vanlandtschoote, « L'élevage ovin entre pratiques collectives et entreprises individuelles dans le Hainaut au xviiie siècle [chapitre, Revue du Nord, 2008/2 n° 375-376, Association Revue du Nord] », sur shs.cairn.info, , p. 371-389
- Marché ovin (prix), site rnm.franceagrimer.fr