Intitulée “Denim Hystoria”, la nouvelle collection d'Acne Studios, présentée ce 30 septembre 2026 dans le cadre de la Fashion Week de Paris, puisait son inspiration du côté des New Romantics londoniens (avec Adam Ant sur la bande-son). Pour accompagner cette effervescence artistique, la maison a fait appel à l'artiste Faig Ahmed, dont les tapis semblent se liquéfier avec les souvenirs qu’ils ont autrefois abrités. Des œuvres en miroir d'un défilé où les matières sont déconstruites et remodelées, où le denim se pare de fragments de peintures Renaissance déchirées ou se couvre de fleurs laquées.
Tout ce qu'il faut retenir du défilé est ici.

Comment Faig Ahmed transforme le tapis traditionnel azerbaïdjanais
Quelle drôle d'idée que de faire dialoguer des tapis traditionnels azerbaïdjanais avec des vêtements inspirés par les New Romantics londoniens. Voilà ce que l'on pourrait se dire, si l'on survolait les thèmes bien communs entre le travail de Faig Ahmed et la dernière collection imaginée par Jonny Johansson – à commencer par la métamorphose des matières. Né en 1982 à Sumqayit, en Azerbaïdjan, Ahmed a fait de la conversation entre tradition et transformation, perception et mémoire, ainsi qu’entre systèmes culturels et technologiques, le cœur de son travail. “Plutôt que de considérer le tapis comme un objet culturel figé, il l’envisage comme un système d’information – un système qui peut être perturbé, étendu, recodé et mis en dialogue avec la culture visuelle contemporaine”, explique le communiqué de presse du défilé Acne Studios.
Cette année, Faig Ahmed représente l'Azerbaïdjan à la 61e Biennale de Venise, où il présente l'exposition “The Attention”, qui établit un lien entre le mysticisme hurufi du XVe siècle et la poésie d'Imadaddin Nasimi, d'une part, et la physique quantique moderne, les neurosciences et la surabondance d'informations, de l'autre. L'occasion pour Ahmed de déconstruire et déformer les tapis traditionnels azerbaïdjanais pour créer des illusions d'optique où les formes semblent fondre ou se pixéliser. Dans l’installation Ancestors, par exemple, un tapis qui se dissout dans la viscosité, tandis que dans l'œuvre Entropy Altar, un générateur quantique de nombres aléatoires tisse une poésie alphanumérique à partir de l’entropie des spectateurs. Comme une manière de faire émerger un sens du chaos, faisant de la conscience collective une sorte de métier à tisser cosmologique.



