Quelques jours avant son défilé Tom Ford, Haider Ackermann publiait sur son compte Instagram personnel une vidéo de Scott Barnhill se donnant du plaisir face à son reflet. Il ne va pas jusqu’à embrasser la vitre qu’il contemple, mais il s’en approche dangereusement. Évidemment, ce qui excite les unes peut en laisser d’autres totalement indifférentes, c’est aussi ainsi que fonctionne la survie de l’espèce. Pourtant, cette vidéo m’a littéralement arrêté en plein doomscrolling, avec une charge érotique aussi saisissante que tout ce dont je me souviens avoir été témoin sur les réseaux sociaux.
Tout ce qu'il faut retenir du défilé est ici.

Sexy, sexy, encore du sexy
Ce n’était qu’un avant-goût de ce qu’Ackermann allait montrer sur le podium. Lorsque les lumières se sont finalement rallumées dans la salle plongée presque entièrement dans le noir, le décor s’est révélé composé de panneaux de verre. À mesure que les mannequins apparaissaient, plus ou moins vêtus, ils s’arrêtaient pour admirer leur reflet avec une assurance remarquable ou se dévisageaient à travers les parois transparentes. La chorégraphie, toujours évocatrice, est devenue une signature d’Ackermann chez Tom Ford, aussi incontournable dans ses défilés qu’une chemise déboutonnée jusqu’au nombril. Cette fois, la bande-son mêlait Tina Turner et David Bowie aux sons de deux amants se donnant du plaisir, ensemble ou séparément. Ici, la pudeur n’avait manifestement pas sa place.
Scott Barnhill ouvrait le défilé dans un costume à fines rayures taillé pour mettre en valeur sa silhouette sculptée. Sa chemise vert olive, largement déboutonnée, dévoilait une légère toison sur le torse et des abdominaux particulièrement dessinés. Un foulard fin noué autour du cou, avec son nom brodé en monogramme à l’un des coins, complétait la silhouette. Puis venait une jeune femme, elle aussi en rayures tennis, portant un attaché-case qui envoyait un premier message, tandis que son T-shirt en résille moulant, porté sans soutien-gorge, en formulait un tout autre.
Le défilé poursuivait sur cette ligne, alternant les versions masculines, féminines et plus ambiguës d’un vestiaire de cocktail en cuir noir. À noter, notamment, le logo Tom Ford découpé au laser dans un débardeur sans manches près du corps. Puis la collection glissait vers des propositions plus décontractées : trenchs et combinaisons inspirées des tenues de vol en vert militaire, jeans et pantalons cargo délavés et volontairement usés, sans oublier probablement les shorts masculins les plus courts de la saison.
Venaient ensuite les silhouettes du soir. Pour les femmes, des robes rouges ponctuées de découpes savamment placées et de fentes remontant jusqu’aux hanches, ainsi que des tops dos nu et des vestes constellés de strass. Pour les hommes, des smokings à la coupe impeccablement sophistiquée et des débardeurs conçus pour dévoiler le décolleté masculin.
Le défilé atteignait son apogée avec une série de maillots de bain noirs à peine couvrants, conçus pour dévoiler un maximum de peau et davantage destinés à poser qu’à nager. Un mannequin arborant une moustache fournie digne d’une star du porno des années 1970 portait un col roulé avec un slip de course. Lorsqu’il se tournait vers l’objectif, ce qu’il a fait à plusieurs reprises, son dos échancré en string dévoilait ses fesses fermes. “C’est tellement sensuel, non ?”, remarquait Haider Ackermann en backstage. “Même s’ils avaient les fesses à l’air.”
Sexuel, décadent, légèrement dangereux, Haider Ackermann est ici parvenu à aller encore plus loin que Tom Ford lui-même.




