Des populations locales sont évacuées des territoires frontaliers de la Russie, ici à la périphérie de Vovtchansk , dans la région de Kharkiv, le 12 mai 2024.

Offensive russe près de Kharkiv : "Dans trois jours, Vovtchansk cessera d’exister", craint un humanitaire

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Les combats acharnés tout le long de la frontière russe ne faiblissent pas. La situation est particulièrement difficile au nord-est du pays, dans la région de Kharkiv, où les combats ont entraîné l'évacuation de 4 000 personnes, après le début d’une offensive surprise de la Russie vendredi.

Vovtchansk, village à une cinquantaine de kilomètres de Kharkiv, est devenu une ville fantôme. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une patrouille de police fonce à toute allure dans une ville en ruine, dans l’espoir d’évacuer les derniers habitants. "Rendez-vous dans les lieux publics, invective un policier face caméra en casque et gilet-pare-balles, les patrouilles passeront vous récupérer. On évacue !" Dimanche 12 mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que les combats acharnés se sont poursuivis tout le week-end, depuis le début de l'attaque surprise des Russes, vendredi, qui bombardent intensivement les villages autour de la ville. Plus de 4000 personnes ont déjà été évacuées.

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Dans la ville de Kharkiv, l’aide humanitaire s’organise. Elena, une habitante de Vovtchansk, a réussi à quitter la ville par ses propres moyens. Désorientée, elle ne sait pas comment elle a réussi à s’en sortir : "Ils bombardent, ils nous sont tous tombés dessus, vous savez, ces drones qui larguent des bombes", raconte-t-elle. "Un voisin a été tué. Il courait dans la rue, les drones sont arrivés sur lui, il a eu les jambes arrachées à la taille. J’ai couru sous les buissons. Le drone a largué mais il a raté, ou il a frappé plus loin, dans la rue."

Une petite ville bientôt "rayée de la carte"

Victor Emelianenko est à la tête d’une organisation humanitaire, "Gorod Dobra" qu'on peut traduire par "la ville de bonté", à Kharkiv : "Ce qui se passe à Vovtchansk, c’est l’enfer, rapporte-t-il, je n’ai pas d’autres mots, parce les gens se retrouvent désormais sans  aucun abri. Vovtchansk a déjà été sous occupation. Mais c’était rien à côté de ça." En 2022, les habitants avaient fui une première fois, puis le territoire a été reconquis. Beaucoup de familles étaient revenus, certaines avec leurs enfants.

"Les gens se cachent dans les sous-sols, reprend l'humanitaire*, c’est très difficile de les faire sortir"*. Pour lui, la ville est en train d’être littéralement "rayée de la carte" : "C'est une petite ville, ce n'est pas Marioupol, ce n'est pas Bakhmout. Je pense que dans deux ou trois jours, Vovtchansk cessera d’exister en tant que ville." Sur une population de 17 000 habitants avant la guerre, il ne resterait ce matin selon les autorités que quelques centaines de personnes à évacuer.

Reportage de Virginie Pironon, édité par Carol Sandevoir.