Grenoble : le ras-le-bol des habitants du quartier Saint-Bruno, gangréné par le trafic de drogue
Publié le
Après la fusillade, lundi soir, quartier Saint-Bruno à Grenoble, qui a fait deux blessés, dont un grave, beaucoup d'habitants n'en peuvent plus de vivre au milieu des dealers qui ne cachent rien de leurs activités illicites. Nous sommes allés à leur rencontre.
Grand soleil en ce mardi après-midi, place Saint-Bruno à Grenoble. Le marché se termine. Certains y font leur pause-déjeuner, comme ce jeune homme qui travaille dans le secteur. "J'aime bien venir ici, quand il fait beau. C'est un quartier vivant mais je sais bien que c'est un point de deal important. Après, je ne me sens pas en insécurité. Mais c'est aussi que chacun reste à sa place."
Deux mondes se côtoient à Saint-Bruno
Et en effet, deux mondes se côtoient sans jamais se rencontrer. D'un côté, les choufs -comprenez les guetteurs, souvent très jeunes- qui alertent de l'arrivée de la police et crient, à plein poumons : "Ça passe, ça passe !" Et de l'autre, les habitants qui vaquent à leurs occupations, comme ces mamans qui regardent leurs enfants jouer sur le grand dragon en bois, installé au centre de la place. "Un jour, des jeunes se roulaient un joint sur l'aire de jeux." raconte un homme attablé à la terrasse d'un restaurant. "Une maman est allée vers eux et leur a dit de partir. Et ils sont partis."
Mais cette cohabitation est pesante pour beaucoup, comme pour ce commerçant qui vit et travaille là, depuis 2005 : "Je suis fatigué de cette ambiance. Ça se dégrade depuis deux ans. L'image du quartier n'est pas bonne et cela fait fuir la clientèle."
L'été 2023, les dealers ont commencé à ériger des barricades pour se protéger d'une bande rivale qui voulait prendre le contrôle du point de deal. Les autorités ont réagi et la présence des CRS a ramené le calme. "Mais cela n'a pas réglé le problème" déplore un passant. "Ils sont revenus. Regardez ! Ils ont installé leurs fauteuils sur le trottoir pour être à l'aise en attendant le client."
Parmi les personnes que nous rencontrons, beaucoup refusent de nous parler. "Les gens ont peur" explique un médiateur de la Ville de Grenoble. "Nous, on est là pour discuter avec eux, faire remonter leurs demandes, mais le problème de la drogue, qui ne date pas d'hier, cela ne fait pas partie de notre cahier des charges."
Quitter le quartier
Cette habitante, que nous appellerons Marguerite, accepte, elle, de nous parler, sans mâcher ses mots : "Quand j'étais étudiante, j'habitais ici. Je suis tombée amoureuse du coin, on est près de tout, de la gare, des commerces. C'est populaire et vivant. Donc, une fois installée dans la vie, j'y ai acheté un appartement. Mais depuis trois ans, je ne pense qu'à une chose, le vendre et partir d'ici. Je suis très déçue. On a fait plein de réunions publiques, on a vu le préfet, le procureur. Mais finalement, rien ne change."
Et Marguerite poursuit, en nous montrant une petite rue qui débouche sur la place : "Voyez, ils sont là ! Ils ne se cachent pas. Ils ont la drogue et l'argent, dans un grand sac. Moi, je voudrais qu'on applique la loi et qu'on pénalise aussi le client. Mais je n'ai jamais rien vu de tel ici." Marguerite aimerait aussi qu'on rouvre le commissariat de quartier, qui a fermé ses portes au début des années 2000. "Je suis certaine que ça pourrait améliorer les choses !"
Radio France
Vous avez apprécié cet article ? Partagez‑le
Continuez votre lecture
Passer la section- Grenoble : cinq blessés dont trois enfants dans un feu d'appartement sur la place Saint-Bruno
Grenoble
Un incendie a touché un appartement, jeudi 24 septembre, place Saint-Bruno. Sept résidents, classés en urgence relative, ont été transportés au CHU de Grenoble. Une huitième personne a été évacuée et relogée.
Cinq mois après la fusillade mortelle survenue dans le quartier Mistral à Grenoble le 26 mai dernier, qui a fait un mort et trois blessés, le parquet de Lyon confirme que deux personnes viennent d'être arrêtées et mises en examen dans ce dossier.
- Isère : une mutinerie à la prison de Varces provoque une intervention des équipes régionales de sécurité pénitentiaires
Varces-Allières-et-Risset
Le service de maintien de l'ordre de l'administration pénitentiaire (ERIS), est intervenu jeudi 29 octobre au sein de la prison iséroise de Varces-Allières-et-Risset (Isère), au sud de Grenoble, face à des détenus qui ne voulaient pas réintégrer les cellules.
Comme le week-end dernier, la préfète de l'Isère prend des arrêtés de restrictions pour les mobilisations sociales de ce samedi 31 octobre, notamment à Grenoble. Les rassemblements sont interdits dans l'hypercentre et un couvre-feu est instauré dans la nuit de samedi à dimanche.
Autour de chez vous
Passer la section- Rencontres Montagnes et Sciences le jeudi 19 novembre 2026 au Campus de Grenoble à St Martin d'Hères
Saint-Martin-d'Hères
Du au